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Le Haleur est un navire de transport propre à Miradan, dépourvu de voile comme de moteur, qui circule le long de lignes câblées reliant les cités de l'archipel à travers les bras de mer. Il constitue, avec les convois d'Arpenteurs sur la terre ferme, l'un des deux modes de liaison entretenus par l'Office des Voies. Toute sa force motrice est produite à terre : le Haleur ne fait que se laisser tracter le long de sa ligne.

Origine du nom

Le terme dérive du verbe haler, tirer une embarcation au moyen d'un câble. Il désigne la manière même dont le navire progresse, tracté et non mû par ses propres moyens.

Principe

Le Haleur ne porte aucune source d'énergie. Chaque ligne repose sur un câble de traction central, mis en mouvement par une roue installée à terre et entraînée par l'Aérin. Les navires sont accrochés à ce câble, qui les hale d'une extrémité de la ligne à l'autre. De part et d'autre, deux câbles-rails latéraux fixes maintiennent le navire dans l'axe : celui-ci s'y agrippe par des bandes de roulement montées sur ses flancs, sur lesquelles il roule tout au long du trajet.

Une ligne comprend deux couloirs parallèles, un pour chaque sens de circulation. Le câble de traction forme une boucle continue qui court d'une île-terminus à l'autre, contourne une grande poulie à chaque extrémité et revient par le couloir opposé. Parvenu au terminus, le navire suit ce mouvement, contourne la poulie et repart en sens inverse.

Infrastructure

La ligne est soutenue par des cadres flottants, armatures métalliques légères en forme de double U, disposées à intervalles réguliers, de l'ordre d'un tous les dix mètres. Chaque cadre est maintenu en surface par des flotteurs et abrite, dans chacun de ses deux U, un couloir de circulation. Les cadres successifs sont reliés entre eux par les câbles-rails latéraux, tandis que le câble de traction court en leur centre.

Chaque cadre est amarré au fond par trois câbles qui convergent vers une poulie chargée d'une réserve de câble, d'où une seule ligne descend jusqu'à un poids posé sur le fond marin. Cet ancrage souple répond directement aux conditions de l'archipel : lorsqu'une vague ou un raz-de-marée soulève un cadre, la réserve se déroule et lui permet de monter puis de redescendre sans que rien ne rompe. C'est cette flexibilité qui autorise les lignes à franchir des bras de mer que des ouvrages rigides ne pourraient tenir.

Les navires

Le Haleur se réduit à une coque surmontée d'un abri, sans mât ni machine. Ses flancs portent les bandes de roulement par lesquelles il tient aux câbles-rails et progresse le long de la ligne. Selon les lignes, il transporte des voyageurs, des marchandises, ou les deux.

Motricité

La roue motrice, dressée à terre à l'une des extrémités de la ligne, est entraînée par l'Aérin, à l'image de l'ensemble des machines miradiennes. Elle met en mouvement le câble de traction sur toute sa longueur. La poulie de l'extrémité opposée ne fait que renvoyer la boucle.

Exploitation

Les Haleurs relèvent de l'Office des Voies, qui en fixe les lignes et en assure l'entretien. Leur réseau suit les chenaux abrités et les hauts-fonds entre les îles, là où les ancrages atteignent le fond et où la mer demeure praticable. Le transport y est lent et régulier, sensible au gros temps, et se prête mieux aux liaisons de proximité qu'à la traversée du grand large. Sur la terre ferme, il cède le relais aux convois d'Arpenteurs.