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La Garde Nationale est la principale force armée de Miradan et le corps le plus nombreux de l'Office de la Défense, dont elle constitue le bras militaire. Réduite en nombre mais superbement équipée, elle mise sur la supériorité technologique de l'Aérin plutôt que sur la masse. C'est elle qui tient le dehors ingouverné de l'archipel et qui, au besoin, porte la guerre au-delà des mers.

Rôle et missions

La Garde Nationale a la charge de tout ce qu'aucune cité ne peut défendre seule. Elle tient les frontières de l'archipel, garde les sites d'extraction de l'Aérin dans Les Paludes, escorte les convois qui relient les cités à travers des terres que l'État ne contrôle pas, et arme les garnisons des marches, au premier rang desquelles Fort Fangac, sur le front des Brumantes. Au-delà de l'archipel, elle honore les engagements extérieurs de Miradan : une garnison permanente à Thalùn et une contribution en hommes et en matériel à la défense de la Sentinelle de Fer, sous l'égide de la SABO.

Organisation et hiérarchie

La Garde s'organise en unités emboîtées et se hiérarchise en huit grades, de la recrue au connétable. En deçà du grade de capitaine, l'avancement se gagne au mérite et à l'ancienneté et reste ouvert à tous ; à partir de capitaine, l'accès aux grades d'officier favorise fortement la noblesse, sans toutefois lui être réservé en droit.

Unités

L'unité de base est l'escouade, une dizaine de combattants. Créée à une quinzaine de membres, elle voit ce nombre décroître avec le temps, les pertes n'étant pas toujours comblées. Plusieurs escouades forment un bataillon, de cinquante à cent cinquante hommes, placé sous un capitaine unique. Plusieurs bataillons composent une division, de deux cents à plus de mille hommes, rassemblés autour d'une mission ou d'un grand type d'action. L'ensemble des divisions forme la Garde Nationale.

L'escouade est bien plus qu'une unité tactique : elle est, pour le garde, une seconde famille, un groupe qu'il côtoiera souvent toute sa vie. Cette cohésion a son revers. Sur les affectations dangereuses, une escouade, voire un bataillon entier, peut fondre au fil des campagnes jusqu'à disparaître. En principe, un bataillon éprouvé reçoit de nouvelles escouades en renfort ; mais il court une rumeur tenace selon laquelle certains bataillons, jugés peu utiles ou dont le capitaine a perdu la confiance du haut commandement, se voient au contraire privés peu à peu de renforts et de matériel, sous couvert de rentabilité, et laissés s'éteindre jusqu'au dernier homme.

Grades

  • Recrue : le grade d'entrée, que l'on soit sorti d'une haute école ou repéré dans une Poliçaille. Tous passent par là, le temps de l'instruction.
  • Garde : au terme de l'instruction, la recrue devient garde, membre à part entière, et rejoint une escouade selon la division qu'elle a choisie. C'est le premier grade véritable.
  • Brigadier : garde placé à la tête d'une escouade. On y accède au mérite, à l'expérience et à l'ascendant que l'on exerce sur ses camarades.
  • Maistre : sous-officier supérieur d'un bataillon et bras droit de son capitaine, le maistre chapeaute les brigadiers et veille à la vie quotidienne des escouades. Il faut pour l'atteindre un long service et une compétence éprouvée. C'est, en pratique, le plus haut grade qu'un roturier atteint couramment.
  • Capitaine : premier grade d'officier, à raison d'un seul par bataillon, qu'il commande. C'est ici que bascule l'inégalité : le poste échoit le plus souvent aux sortants des hautes écoles. Un maistre roturier qui le franchit fait figure d'exception.
  • Commandant : officier à la tête d'une division. Nommé par le haut commandement sur son bilan de capitaine, son rang et ses appuis.
  • Légat : officier général, membre du haut commandement, à qui l'on confie plusieurs divisions ou un théâtre entier d'opérations. Nommé par le connétable, c'est un poste éminemment politique.
  • Connétable : chef suprême de toute la Garde Nationale, nommé et révocable par le Conseil collégial. Son commandement est l'un des grands enjeux de rivalité entre les douze Maisons.

Commandement de l'escouade

L'escouade est menée par un brigadier issu de ses propres rangs, jamais par un chef venu d'ailleurs. Officiellement, il est désigné par le capitaine du bataillon sur l'avis du maistre ; en pratique, cette nomination ne fait le plus souvent qu'entériner un ascendant déjà reconnu, en confirmant celui que l'escouade suit déjà. Sur les garnisons isolées, loin du commandement, une escouade décimée s'accorde souvent elle-même sur l'un des survivants, que la hiérarchie ratifie après coup.

Effectifs

La Garde Nationale compte environ huit mille hommes, répartis en une dizaine de divisions selon leurs missions. Fidèle à la doctrine miradienne du petit nombre superbement équipé, elle demeure très inférieure en effectifs à la somme des Poliçailles municipales, qui forment le plus grand nombre d'hommes en armes de la nation.

Recrutement et accès

Nul n'entre dans la Garde autrement que comme recrue, quelle que soit son origine. Mais deux voies très inégales y mènent.

Les nobles accèdent aux hautes écoles militaires de l'archipel, prestigieuses et coûteuses, dont l'entrée est en pratique fermée à qui n'est pas de leur rang. Ceux qui en sortent demeurent peu de temps recrues et progressent vite, sans que ce soit toujours affaire de talent, et la Garde recrute une bonne part de son encadrement directement dans ces écoles.

Le roturier, lui, ne dispose pas de ces écoles. Son chemin commence bien plus bas, souvent dans la Poliçaille de sa cité, d'où il lui faut déjà avoir la chance d'être remarqué et sélectionné pour rejoindre la Garde. Il gravit ensuite les échelons un à un. Rien ne lui est formellement interdit, mais chaque marche se paie, et parvenir au grade d'officier relève de l'exploit.

Cette frontière n'est donc pas un mur mais une pente. Officiellement, seuls l'école et le mérite décident. Officieusement, chacun sait que des faveurs entre Maisons et des recrutements arrangés facilitent parfois l'ascension de certains nobles, sans que cela soit reconnu comme la norme.

Spécialités

Les compétences particulières de la Garde ne sont pas des grades mais des qualifications, qu'un simple garde comme un officier peut porter. Les foéniers servent la foëne à propulsion d'Aérin, le harpon lourd qui fait la réputation du corps, redoutable à distance et précieux contre les Bo'qtiè amphibies des marais. Les pilotes manœuvrent les Arpenteurs de combat, des ERP de reconnaissance rapide aux lourds TTML de transport. Les marches réclament enfin des soldats plus complets, à la fois pilotes et combattants à pied, capables de patrouiller en machine puis de tenir le terrain dans la vase et la brume.

Équipement et tenue

L'armement de la Garde repose sur la propulsion à l'Aérin : foënes et lanceurs de projectiles lui donnent, à distance, un avantage que peu d'adversaires peuvent contester. Cet avantage a un prix, car il dépend de la réserve d'Aérin : un détachement coupé de son ravitaillement perd l'essentiel de sa supériorité. Le corps aligne en outre des Arpenteurs de combat pour le transport et la reconnaissance. La tenue est fonctionnelle, adaptée aux terrains variés de l'archipel, du marais aux hauteurs ; le grade s'y lit à des insignes, et le pourpre de l'archipel, couleur de l'honneur, y marque l'appartenance au corps.

Implantation

Les forces de la Garde sont dispersées sur l'ensemble du territoire et au-delà : garnison des marches à Fort Fangac, postes fortifiés autour des sites d'extraction des Paludes, escortes sur les grandes voies, garnison permanente à Thalùn et détachements affectés à la Sentinelle de Fer au titre de la SABO.

Faits d'armes

Le fait d'armes fondateur de la Garde est la libération de Thalùn, en 541 : cinq cents Gardes, armés de foënes à propulsion d'Aérin, y défirent une armée impériale de Belda' au prix de huit pertes seulement, révélant au monde entier la supériorité technologique de Miradan. Plus tard, entre 570 et 590 environ, la Garde contribua sous l'égide de la SABO à la reprise et à la modernisation de la Sentinelle de Fer, apportant sa technologie et ses hommes à la lutte commune contre les Bo'qtiè de Solkez.