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== Ère des Origines (~-1250 à ~-600) == | |||
== Ère de | '''Vers l'an -1250'''<br/> | ||
Selon la tradition de la [[Thacufeng]], le prophète '''Sùtèsha''' descend sur terre, guidé par Dieu pour unifier l'humanité fragmentée. Il parcourt le monde alors divisé en innombrables royaumes et tribus en conflit. Par sa sagesse et sa guidance divine, il parvient à rassembler les peuples et fonde ce qu'il nomme le '''Beau Pays''' : [[Belda']]. Il plante symboliquement un arbre pour marquer la fondation de ce refuge sacré, geste commémoré chaque année lors de la [[Fête du Beau Pays]]. | |||
Sùtèsha établit la [[Table de la Thacufeng]], ensemble de commandements régissant la vie en communauté, et instaure une lignée impériale dont ses descendants assureront la continuité pendant plus d'un millénaire. | |||
'''Vers l'an -600'''<br/> | |||
Sur le continent glacé du pôle sud, les clans de la [[Confédération Vulkari]] développent les premières formes d'écriture du [[Qallinuk]]. Ces documents, gravés sur des peaux de [[Nanuqvik]] à l'aide de pointes chauffées par des [[Perle de skyarn|perles de skyarn]], constituent les plus anciennes traces écrites connues de cette langue isolée. Le Qallinuk restera préservé de toute influence extérieure pendant des millénaires, jusqu'à l'établissement de relations commerciales avec [[Solkez]]. | |||
== Ère des Grandes Explorations (~-500 à ~-360) == | |||
Durant cette période, l'Empire de [[Belda']] entreprend une série d'expéditions maritimes vers l'ouest, menées par le groupe d'explorateurs connu sous le nom de '''Liorushi''' (littéralement « ceux qui travaillent au loin » en [[SèYun]]). Ces expéditions visent à cartographier les mers occidentales et à découvrir de nouvelles terres. | |||
'''Vers -500 à -450 : 1ʳᵉ et 2ᵉ expéditions Liorushi'''<br/> | |||
Les deux premières expéditions se concentrent sur l'exploration des côtes occidentales du continent. Elles permettent d'établir des cartes détaillées du littoral et de repérer plusieurs baies propices à l'établissement de ports. Aucune terre nouvelle n'est découverte, mais les techniques de navigation s'améliorent considérablement. | |||
'''Vers -450 à -420 : 3ᵉ et 4ᵉ expéditions Liorushi'''<br/> | |||
La troisième expédition s'aventure plus au large et découvre plusieurs îlots inhabités, trop petits et dépourvus de ressources pour justifier une colonisation. La quatrième expédition tente de pousser encore plus à l'ouest mais se heurte à des tempêtes violentes qui détruisent la moitié de la flotte. Les survivants rentrent avec des récits de mers dangereuses et de courants imprévisibles. | |||
'''Vers -420 à -400 : 5ᵉ et 6ᵉ expéditions Liorushi'''<br/> | |||
Malgré les échecs précédents, l'Empire persiste. La cinquième expédition longe la côte vers le nord-ouest et découvre des terres enneigées inhospitalières. La sixième expédition, mieux préparée, explore méthodiquement les routes maritimes et établit des points de ravitaillement sur les îlots découverts précédemment, préparant le terrain pour les grandes découvertes à venir. | |||
'''Vers l'an -380 : 7ᵉ expédition Liorushi — Découverte de Jona'ra'''<br/> | |||
La septième expédition Liorushi atteint pour la première fois l'archipel de [[Jona'ra]]. Les explorateurs découvrent avec stupéfaction un peuple silencieux communiquant exclusivement par langue des signes. Les Jona'ra, bien que méfiants face à ces étrangers, ne se montrent pas hostiles. Les explorateurs baptisent ce peuple ''Jona'ra'' (« le peuple silencieux » en [[SèYun]]) et documentent leurs premières observations sur cette culture unique. | |||
'''Vers l'an -370 : 8ᵉ expédition Liorushi'''<br/> | |||
Une seconde expédition est envoyée vers l'archipel, cette fois accompagnée d'un religieux de la [[Thacufeng]] ayant appris les rudiments du [[Signe Jona]]. Lors d'un échange, le religieux demande la différence entre les habitants vêtus de vert et ceux vêtus de bleu. Un local signe « Ceux de la forêt » et « Ceux des vagues », mais le religieux interprète mal les gestes et comprend « Main qui ratisse » et « Main qui souffle ». De cette erreur naissent les noms [[Sho'ba]] et [[Sho'feng]], qui resteront en usage. | |||
'''Vers l'an -360 : Alliance militaire Belda'-Jona'ra'''<br/> | |||
Après plusieurs années de contacts pacifiques et d'échanges culturels, une alliance formelle est établie entre l'Empire de [[Belda']] et les deux états de [[Jona'ra]]. Selon la doctrine de la [[Thacufeng]], les Jona'ra de sang pur possèdent un fragment de l'âme de Dieu lui-même, ce qui leur confère un statut sacré aux yeux des fidèles. Cette considération quasi religieuse motive Belda' à assurer la protection militaire de l'archipel, malgré l'absence de contrepartie commerciale significative. L'île de '''Liorushi''', située au nord-est de Jona'ra, est nommée en hommage aux explorateurs fondateurs de cette relation. | |||
== Ère de l'Unification Linguistique (-348 à -295) == | |||
'''An -348'''<br/> | '''An -348'''<br/> | ||
Sous le règne de | Sous le règne de '''Daolu de Sùtèsha''', l'Empire de [[Belda']] connaît une expansion considérable mais souffre d'une profonde fragmentation culturelle et linguistique. Les dialectes locaux se multiplient, entravant la communication entre les régions et seigneuries et compliquant l'administration impériale. Daolu confie alors à un érudit et moine respecté, '''Yuan Sèyun''', la mission d'unifier les langues de l'Empire. | ||
Yuan consacre le reste de sa vie à voyager de région en région et de seigneurie en seigneurie, étudiant les parlers, les rites et les structures symboliques des peuples du continent. Son objectif n'est pas seulement politique : il souhaite créer une langue commune fondée sur l'équité, capable de refléter la diversité tout en la reliant à une même racine impériale. | |||
'''An -334'''<br/> | |||
L'empereur Daolu de Sùtèsha s'éteint après un long règne. Son fils, '''Haofeng de Sùtèsha''', lui succède. Yuan Sèyun poursuit ses travaux sous le nouveau règne, bien que sa santé commence à décliner. | |||
'''An -315'''<br/> | '''An -315'''<br/> | ||
Atteint | Atteint d'une maladie paralysante qui le rongeait depuis plusieurs années, Yuan Sèyun meurt avant d'achever son œuvre. À sa mort, ses disciples conservent ses notes : un ensemble de manuscrits dispersés et inachevés décrivant la grammaire et la phonétique d'une langue universelle. Privé de son impulsion initiale et sans directive impériale claire, le projet est abandonné. Les manuscrits s'enlisent dans les archives monastiques, et le nom de Yuan sombre peu à peu dans l'oubli. | ||
'''An -311'''<br/> | |||
L'empereur Haofeng de Sùtèsha décède. Son fils, '''Thalun de Sùtèsha''', lui succède. Le jeune empereur hérite d'un Empire stable mais divisé culturellement, les fractures linguistiques s'étant encore accentuées durant les dernières décennies. | |||
'''An -306'''<br/> | |||
Sous le règne de Thalun de Sùtèsha, le nom de Yuan Sèyun réapparaît. Un vieux moine, dernier disciple vivant de Yuan, présente à l'empereur les fragments du travail de son maître. Touché par la vision universelle de Yuan et conscient de la valeur politique d'une langue commune, Thalun de Sùtèsha décide de relancer officiellement le projet d'unification linguistique. | |||
Il ordonne à plusieurs cercles religieux et administratifs d'étudier les textes laissés par Yuan et d'en établir une version systématisée. Le travail s'étend sur plus d'une décennie, mêlant philologie, religion et raison d'État. | |||
'''An - | '''An -295'''<br/> | ||
Après des années d'études et de débats, le [[SèYun]] est officiellement proclamé langue de l'Empire de [[Belda']]. Thalun de Sùtèsha impose son enseignement à tous les enfants, dans le cadre d'un vaste programme de rééducation linguistique supervisé par les monastères. Cette réforme, d'abord présentée comme un instrument d'unité et de progrès, est saluée dans les régions nord-ouest. | |||
' | Mais dans les régions orientales et méridionales, elle est vécue comme une imposition culturelle et une tentative d'effacement des identités locales. Les tensions grandissent, les premiers troubles éclatent. Ainsi, la langue née du rêve d'un moine pour unir les peuples devient paradoxalement le terreau de nouvelles divisions. | ||
== Ère des Tensions (-295 à 0) == | |||
Les siècles qui suivent la proclamation du [[SèYun]] sont marqués par des tensions croissantes entre le nord et le sud de l'Empire. Les provinces méridionales, aux terres arides et au climat difficile, se sentent marginalisées par un pouvoir central qui concentre ses ressources sur les régions fertiles du nord-ouest. L'imposition linguistique reste une plaie ouverte, et les dialectes locaux persistent dans la sphère privée malgré les interdictions officielles. | |||
'''An -51'''<br/> | |||
La dynastie Sùtèsha, qui régnait depuis les temps légendaires, s'éteint faute d'héritier direct. Le pouvoir passe à la dynastie '''Belfeng''', branche collatérale de la lignée impériale. '''Locai de Belfeng''' est couronné empereur. Ce changement dynastique est accepté par la [[Thacufeng]], bien que les conservateurs de certaines régions y voient le début d'une rupture avec la lignée sacrée originelle. | |||
== Ère des | == Ère des Scissions (An 0 à 594) == | ||
'''An 0'''<br/> | '''An 0'''<br/> | ||
Le général Golgoroso, commandant issu du Sud et très populaire parmi ses troupes, entre en désaccord profond avec | Le général '''Golgoroso''', commandant issu du Sud et très populaire parmi ses troupes, entre en désaccord profond avec l'Empereur de [[Belda']]. Refusant la centralisation croissante du pouvoir impérial et dénonçant l'exploitation des provinces méridionales, il proclame l'indépendance du Sud sous le nom de '''[[Solkez]]'''. | ||
Pour marquer cette séparation, il instaure un nouveau calendrier à compter de l'an zéro de l'indépendance. Ce calendrier, plus simple que le calendrier traditionnel de Belda' (qui comptait les années de règne de chaque empereur), s'imposera progressivement dans l'ensemble des nations pour sa praticité. Même Belda' finira par l'adopter officiellement, malgré l'ironie d'utiliser le calendrier de son ennemi. | |||
'''Ans ~10 à ~80 : Raids de Solkez sur Jona'ra'''<br/> | |||
[[Solkez]], cherchant à affaiblir son ancien suzerain, lance une série de raids maritimes contre l'archipel de [[Jona'ra]], allié de [[Belda']]. Ces attaques visent à capturer des Jona'ra de sang pur, bien que les motivations exactes restent alors mystérieuses pour les nations du nord. | |||
Fidèle à son alliance, Belda' mobilise ses flottes pour protéger l'archipel. La plupart des raids sont repoussés, mais quelques dizaines de Jona'ra sont capturés au fil des décennies. Belda' et Jona'ra considèrent ces prisonniers comme perdus, ignorant qu'ils seront à l'origine d'un programme secret bien plus sinistre. | |||
'''An 58 : 1ʳᵉ incursion de régulation technologique'''<br/> | |||
La seigneurie de [[Miradan]], bien qu'encore partie de l'Empire de [[Belda']], développe secrètement des technologies basées sur l'[[Aérin]], un gaz aux propriétés d'expansion naturelle extrait exclusivement de son archipel. Des espions de [[Solkez]] parviennent à voler plusieurs prototypes d'armes à propulsion pneumatique. | |||
Miradan réagit avec une fermeté inattendue : ses forces rapatrient leurs ressortissants de Solkez puis lancent une attaque coordonnée sur quatre quartiers généraux militaires solk. L'opération dure près de 96 heures et s'achève par la mort du général Vorat lors d'une prise d'otage. Deux soldats miradanais périssent dans l'effondrement d'un bâtiment piégé. Solkez restitue les prototypes et trois de ses généraux signent un accord d'arrêt des recherches. | |||
C'est la première des [[Incursions de régulation technologique]] qui marqueront l'histoire de Miradan. | |||
'''Ans ~70-75 : 2ᵉ incursion de régulation technologique'''<br/> | |||
[[Solkez]] reprend clandestinement ses recherches sur les technologies pneumatiques à partir de prototypes volés. L'armée miradanaise mobilise aux frontières maritimes. Après plusieurs semaines de tension, un commando miradanais incendie le complexe de recherche de [[Vel'Krat]]. Aucune déclaration officielle n'est émise par aucune des deux parties. | |||
'''Ans ~85-95 : 3ᵉ incursion de régulation technologique'''<br/> | |||
[[Miradan]] intervient contre un programme de [[Solkez]] sans lien direct avec l'[[Aérin]], invoquant un précédent de méfiance. Les installations sont officiellement démantelées, bien que les recherches se poursuivront en secret dans des sites souterrains. | |||
'''Vers l'an ~100 : Fin des raids sur Jona'ra'''<br/> | |||
Les raids de [[Solkez]] contre [[Jona'ra]] cessent brusquement. Les nations du nord interprètent cette accalmie comme un signe d'épuisement militaire de Solkez. En réalité, Solkez a capturé suffisamment de Jona'ra de sang pur pour alimenter ses [[Élevages clandestins de Jona|élevages clandestins]], programme secret visant à extraire les glandes télépathiques nécessaires au contrôle de ses futures armes biomécaniques. | |||
'''Ans ~100-120 : Activation de la Nuée de Velmuq'''<br/> | |||
[[Solkez]] déploie la [[Nuée de Velmuq]], une barrière biologique composée de milliards de petites créatures volantes aux ailes tranchantes. Cette nuée forme une bande infranchissable de plusieurs kilomètres de large, s'étendant sur toute la longueur de la frontière nord. | |||
Pour les nations du nord, cette muraille de ténèbres grouillantes ne peut s'expliquer que par une cause surnaturelle. L'interprétation dominante, basée sur la doctrine de la [[Thacufeng]], conclut que la corruption spirituelle a définitivement consumé les terres de Solkez. Cette croyance, bien qu'erronée, est activement entretenue par Solkez elle-même, qui cultive la terreur comme arme psychologique. | |||
'''Ans ~120-150 : Construction de la Sentinelle de Fer'''<br/> | |||
Face à l'apparition de la [[Nuée de Velmuq]], l'Empire de [[Belda']] entreprend seul la construction d'une immense muraille fortifiée le long de sa frontière méridionale : la [[Sentinelle de Fer]] (''Tièvèn'' en [[SèYun]]). Cette structure défensive, haute de 30 à 190 mètres selon les sections, s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. | |||
La construction mobilise des dizaines de milliers d'ouvriers pendant plusieurs décennies. Les seigneuries de [[Miradan]] et [[Thalùn]], bien qu'encore parties de l'Empire, ne contribuent que marginalement au projet, leurs ressources étant concentrées sur leurs propres territoires. | |||
'''An 154'''<br/> | |||
La dynastie Belfeng s'éteint. '''Antoni Iᵉʳ de Chù'sèi''' est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait sans heurts majeurs. | |||
'''An 262 : Le Grand Séisme de Miradan'''<br/> | |||
Un séisme d'une ampleur sans précédent ravage l'archipel contrôlé par la seigneurie miradanaise. Les raz-de-marée qui s'ensuivent détruisent la moitié des côtes. Environ '''70 000 morts''', soit près de 40 % de la population, sont recensés. C'est la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire connue. | |||
La seigneurie de [[Thalùn]], épargnée par la catastrophe, apporte immédiatement son soutien : vivres, artisans et main-d'œuvre affluent vers Miradan, renforçant durablement les liens entre les deux seigneuries. | |||
Ce traumatisme devient paradoxalement le catalyseur d'une révolution technologique. Les ingénieurs miradanais, cherchant désespérément des solutions pour protéger leurs cités des séismes futurs, intensifient leurs recherches sur l'[[Aérin]] et ses applications. | |||
'''An | '''An 270'''<br/> | ||
Huit ans après le grand séisme, les premières '''[[Assises pneumatiques]]''' sont opérationnelles. Ce système anti-sismique, constitué d'immenses fondations compartimentées reliées à des chambres pressurisées à l'Aérin, permet d'absorber et de redistribuer les mouvements telluriques. Les premières cités majeures de Miradan sont progressivement équipées de cette technologie révolutionnaire. | |||
'''An 298'''<br/> | '''An 298'''<br/> | ||
Trente ans après le désastre, la seigneurie miradanaise se reconstruit lentement, grâce notamment à | Trente-six ans après le désastre, la seigneurie miradanaise se reconstruit lentement, grâce notamment à l'aide de [[Thalùn]]. Mais le Seigneur de Thalùn reproche à l'Empereur de [[Belda']] son inaction et son indifférence face à la catastrophe. Ce dernier justifie le refus d'aide par la nécessité de financer l'entretien de la [[Sentinelle de Fer]] face à [[Solkez]]. | ||
La fracture politique s'élargit : Belda' se concentre sur sa frontière méridionale, tandis que Miradan et Thalùn se rapprochent économiquement et culturellement. | |||
'''An 301 : Indépendance de Miradan'''<br/> | |||
Abandonnée par [[Belda']], la seigneurie miradanaise proclame son indépendance. Les '''douze grandes familles''' les plus influentes de Miradan fondent le '''Conseil collégial''', une institution oligarchique qui gouvernera durablement la nation. Les douze étoiles du drapeau miradanais, disposées en cercle, symbolisent l'égalité de statut entre ces familles fondatrices. | |||
La même année, [[Miradan]] adopte officiellement le calendrier de [[Solkez]], se dissociant symboliquement de Belda'. Le [[Miradanais]] est proclamé langue officielle, rompant avec l'héritage linguistique impérial. | |||
'''An 312 : Incursion de Miradan contre Belda''''<br/> | |||
[[Belda']], observant l'avancée technologique de [[Miradan]] désormais indépendant, initie ses propres recherches sur l'[[Aérin]]. Un régiment miradanais se présente aux portes de la capitale impériale avec un ultimatum : cessation immédiate des recherches ou déclaration de guerre. | |||
L'Empire, conscient de son infériorité technologique après avoir vu les armes pneumatiques à l'œuvre, cède sans combattre. C'est une humiliation majeure qui renforce le ressentiment de Belda' envers son ancienne seigneurie. | |||
'''An | '''An 380'''<br/> | ||
La technologie des [[Assises pneumatiques]] est désormais considérée comme mature. Toute cité miradanaise d'importance repose sur un réseau souterrain anti-sismique. Les ingénieurs de Miradan commencent à développer des applications mobiles de la technologie pneumatique, notamment les premiers [[Arpenteur|Arpenteurs]]. | |||
Les | |||
'''An 387'''<br/> | '''An 387'''<br/> | ||
Un ingénieur | Un ingénieur miradanais met au point l''''imprimerie à caractères mobiles''', première du genre dans le monde connu. Conçue pour l'alphabet [[Miradanais]], cette invention ne peut être adaptée au [[SèYun]], la langue impériale de [[Belda']], fondée sur un système de caractères composés complexes nécessitant des milliers de symboles différents. | ||
Cette avancée technologique creuse encore l'écart entre Miradan et le reste du continent, permettant une diffusion massive des textes et accélérant le développement culturel et scientifique de l'archipel. | |||
'''An 512 : Début de la dynastie Èlyan'''<br/> | |||
Faute d'héritier direct à la dynastie Chù'sèi, le pouvoir revient à la branche la plus proche de la lignée impériale. '''Shonatan III d'Èlyan''' est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. Son règne sera marqué par des réformes ambitieuses mais controversées. | |||
'''An | '''An 538 : Réforme linguistique — Création de l'Èlyan Sèyun'''<br/> | ||
L'Empereur Shonatan III ordonne une réforme majeure du [[SèYun]], visant d'abord à le rendre compatible avec l'imprimerie à caractères mobiles inventée à [[Miradan]]. Le système d'écriture traditionnel, basé sur des caractères composés variés, est remplacé par un '''alphabet phonétique''' standardisé. | |||
Mais la réforme dépasse le domaine technique : elle introduit des changements grammaticaux et lexicaux majeurs, notamment la suppression du duel et la simplification de certaines prononciations. L'[[Èlyan Sèyun]] devient la langue officielle de Belda', imposée dans les institutions et les échanges administratifs. | |||
Cette décision provoque une vive opposition | Cette décision provoque une vive opposition de la part du seigneur de [[Thalùn]], région attachée à la tradition. Refusant d'abandonner le SèYun traditionnel, Thalùn accuse l'Empereur d'uniformisation culturelle autoritaire. Les tensions, déjà anciennes, s'enveniment. | ||
'''An 540'''<br/> | '''An 540'''<br/> | ||
Excédé par la résistance de Thalùn, Shonatan III envoie des missionnaires impériaux pour faire appliquer la réforme. Le Seigneur de Thalùn les accuse de propagande impériale et les expulse de ses | Excédé par la résistance de [[Thalùn]], Shonatan III envoie des missionnaires impériaux pour faire appliquer la réforme linguistique. Le Seigneur de Thalùn les accuse de propagande impériale et les expulse de ses territoires. | ||
Deux semaines plus tard, le '''7 novembre''', [[Belda']] répond par la force : le groupe armé Liorushi et 10 000 soldats impériaux assiègent la capitale commerciale de la seigneurie. Les routes sont bloquées, la famine s'installe : c'est un siège total. Belda' exige l'abdication de la famille seigneuriale historique. | |||
'''An 541'''<br/> | '''An 541'''<br/> | ||
Alerté par le siège en cours dans la seigneurie de Thalùn, le Conseil collégial de Miradan vote le 17 janvier | Alerté par le siège en cours dans la seigneurie de [[Thalùn]], le Conseil collégial de [[Miradan]] vote le '''17 janvier''' l'envoi de 500 soldats pour libérer Thalùn. Ces troupes, équipées des nouvelles technologies de pointe miradanaises — notamment les '''foënes à propulsion d'Aérin''' — infligent à Belda' une défaite écrasante : près de '''4 700 morts''' impériaux contre seulement '''8 pertes''' miradanaises. | ||
Le choc est immense : Miradan démontre pour la première fois sa supériorité technologique au monde entier. | |||
Le choc est immense : Miradan démontre pour la première fois sa supériorité technologique absolue au monde entier. Belda', humilié, renonce à toute riposte. | |||
Thalùn signe aussitôt un '''pacte de protection''' avec Miradan : une garnison permanente de 1 000 soldats miradanais est maintenue sur place, en échange de réductions commerciales allant jusqu'à 80 %. L'Empire se retire définitivement de la région. | |||
'''An 543 : Indépendance de Thalùn'''<br/> | |||
Après deux années de négociations, Shonatan III signe l''''Acte d'indépendance de Thalùn''', reconnaissant l'État de [[Thalùn]] comme puissance souveraine. [[Belda']] conserve seulement 10 % du territoire frontalier pour sécuriser la limite avec [[Solkez]]. | |||
Thalùn devient le dernier bastion du [[SèYun]] traditionnel, conservant la langue parlée de ses ancêtres tout en adoptant progressivement le système d'écriture réformé pour des raisons pratiques. | |||
'''Ans ~545-550 : 1ʳᵉ offensive majeure de Solkez (Bo'qtiè)'''<br/> | |||
La [[Sentinelle de Fer]], construite quatre siècles plus tôt et négligée depuis, tombe en ruine. [[Solkez]], qui a secrètement développé les [[Bo'qtiè]] — des machines de guerre biomécaniques contrôlées à distance grâce aux glandes télépathiques extraites des Jona'ra captifs — lance sa première offensive majeure. | |||
Ces créatures terrifiantes, mêlant armatures métalliques et tissus organiques vivants, franchissent les sections effondrées de la muraille. Pour les habitants de [[Belda']], qui ignorent tout de leur vraie nature, ce sont des '''To'shindo''' (« morts éloignés »), des manifestations de la corruption spirituelle ayant consumé Solkez. | |||
'' | L'offensive provoque le chaos dans les régions frontalières. Des milliers de civils sont massacrés ou déplacés. L'Empire, affaibli par les récentes humiliations face à Miradan et Thalùn, peine à organiser une défense efficace. | ||
'''An 549'''<br/> | '''An 549'''<br/> | ||
Shonatan III d'Èlyan décède. Son fils, Shonatan IV Èlyan, lui succède | Shonatan III d'Èlyan décède au milieu de cette crise. Son fils, '''Shonatan IV d'Èlyan''', lui succède. Contrairement à son père, le nouvel empereur se montre lucide sur la situation désespérée de l'Empire : face à la menace de [[Solkez]] et à l'isolement diplomatique, Belda' ne peut survivre seul. | ||
'''An ~564 : Début de la réconciliation'''<br/> | |||
Surnommé '''« Shonatan le Bon »''', Shonatan IV consacre son règne à restaurer la confiance entre [[Belda']], [[Thalùn]] et [[Miradan]]. Il reconnaît publiquement les erreurs de son père, présente des excuses officielles pour le siège de Thalùn, et propose une alliance défensive face à la menace commune de [[Solkez]]. | |||
Les routes commerciales rouvrent progressivement, les ambassades reprennent, et un relatif apaisement s'installe. Mais les rancunes persistent : à Belda', les partisans de feu Shonatan III accusent Miradan d'avoir profité de la guerre pour tester ses armes ; à Thalùn et Miradan, on n'oublie pas les famines et massacres provoqués par l'armée impériale. | |||
Conscient de ces plaies, Shonatan IV refuse toute provocation. Il sait que Belda' ne pourrait vaincre Miradan militairement, et que la stabilité est préférable à l'orgueil. | |||
'''Ans ~570-580 : Fondation de la SABO'''<br/> | |||
Les négociations aboutissent à la création de la '''[[San hara bo' lian]]''' (« Alliance de Défense des Trois Nations »), communément abrégée '''SABO'''. Cette organisation politico-militaire, dirigée par un conseil collégial de neuf représentants (trois par nation), a pour mission de coordonner la défense commune face à [[Solkez]]. | |||
'' | La SABO devient l'unique instance de gouvernance internationale du monde connu. Elle prend en charge l'administration et la protection de la [[Sentinelle de Fer]], jusqu'alors gérée (et négligée) par Belda' seul. | ||
'''Ans ~570-590 : Grands travaux de la Sentinelle de Fer'''<br/> | |||
<br/> | Sous l'égide de la [[San hara bo' lian|SABO]], d'immenses travaux de rénovation et de modernisation sont entrepris sur la [[Sentinelle de Fer]]. [[Miradan]] apporte sa technologie de pointe : systèmes de surveillance, mécanismes pneumatiques, et renforcements structurels. [[Thalùn]] fournit main-d'œuvre et ressources agricoles. [[Belda']] coordonne les opérations et mobilise ses garnisons. | ||
La muraille, autrefois simple rempart de pierre en ruine, devient une véritable forteresse technologique. Certaines sections abritent désormais des bases militaires permanentes et des quartiers habités. | |||
'''An 584'''<br/> | '''An 584'''<br/> | ||
Naissance de la fille unique de Shonatan IV | Naissance de la fille unique de Shonatan IV d'Èlyan. Souhaitant un héritier masculin pour assurer une succession sans contestation, l'empereur fait cacher l'existence de l'enfant au monde extérieur. La fillette est confiée à la Foi (la hiérarchie de la [[Thacufeng]]), qui l'élèvera dans le secret. | ||
'''Ans ~585-590 : Stabilisation des frontières'''<br/> | |||
Grâce à la [[Sentinelle de Fer]] modernisée et aux efforts coordonnés de la [[San hara bo' lian|SABO]], les frontières se stabilisent enfin. Les [[Bo'qtiè]] de [[Solkez]] ne parviennent plus à franchir la muraille renforcée. Une paix relative s'installe, permettant aux trois nations de prospérer. | |||
== Ère de la | == Ère de la Rupture Èlyan (594-618) == | ||
'''An 594'''<br/> | '''An 594'''<br/> | ||
L'empereur '''Shonatan IV d'Èlyan''' meurt sans héritier officiellement reconnu. Seule subsiste sa fille cachée, considérée comme inéligible selon la coutume qui privilégie les hommes pour le trône impérial. Commence alors une période de '''vacance du pouvoir''', marquant le début de l'Ère dite de la Rupture Èlyan. | |||
'''An 595 : 2ᵉ offensive de Solkez'''<br/> | |||
Après un an de recherches infructueuses d'un successeur légitime, le vide politique plonge l'Empire dans le chaos. [[Solkez]], percevant la faiblesse de son ennemi, lance une '''seconde offensive majeure''' de [[Bo'qtiè]]. | |||
Profitant de la désorganisation de la chaîne de commandement, les machines biomécaniques percent plusieurs sections de la [[Sentinelle de Fer]]. Des dizaines de milliers d'habitants de [[Belda']] sont massacrés ou réduits en esclavage sur les îles de Tie'uoda'. Sur le continent, seule [[Thalùn]] résiste efficacement, grâce au soutien militaire de [[Miradan]] à ses frontières. | |||
'''An 596'''<br/> | '''An 596'''<br/> | ||
Un ancien professeur de | Un ancien professeur de l'Académie diplomatique de Belda', '''Joan Orik''', sort de l'ombre. Face à l'effondrement de l'État, il parvient à réunir les généraux dispersés et à organiser une contre-offensive efficace. Sous sa direction, l'armée impériale repousse [[Solkez]] et sauve la capitale de Belda'. Son nom commence à circuler dans les cercles militaires comme celui d'un stratège providentiel. | ||
'''An 607'''<br/> | '''An 607'''<br/> | ||
Après plus | Après plus d'une décennie de guerres, les frontières de [[Belda']] se stabilisent, bien qu'amputées d'une partie de la région de [[Belshu']]. Joan Orik est désormais reconnu comme le véritable chef de fait de l'Empire, exerçant le pouvoir sans en porter le titre. | ||
'''An 608'''<br/> | '''An 608'''<br/> | ||
Le 16 juillet, Joan Orik est proclamé Empereur de | Le '''16 juillet''', Joan Orik est proclamé Empereur de [[Belda']] par les principaux généraux militaires. Prenant le nom de '''Joan Iᵉʳ d'Orik''', dit « Le Salvateur », il fonde la dynastie Orik. Mais son absence totale de lien avec la lignée Èlyan, et le fait qu'il n'ait pas reçu la bénédiction officielle de la Foi, alimentent de vives controverses sur la légitimité de son règne. | ||
Joan Iᵉʳ déclare publiquement qu'il ne considère son règne que comme une régence temporaire, et qu'il rendrait le trône si un descendant légitime de la lignée Èlyan venait à être retrouvé. | |||
'''An 614'''<br/> | '''An 614'''<br/> | ||
Deux tentatives | Deux tentatives d'assassinat sont menées par des familles notables de [[Belda']] jugeant l'empereur illégitime. Joan Iᵉʳ d'Orik en réchappe de justesse, mais ces événements marquent un climat politique délétère. La loyauté envers le trône se fragilise. | ||
'''An 618 : Révélation de Jan d'Èlyan'''<br/> | |||
Une femme de 34 ans, '''Jan d'Èlyan''', émerge soudainement dans la sphère publique de [[Belda']]. La Foi affirme qu'elle est la fille cachée de Shonatan IV, tenue secrète depuis sa naissance pour la protéger des troubles de la succession. L'opinion publique, fidèle à la Foi, se rallie massivement à elle. | |||
Fidèle à sa parole, '''Joan Iᵉʳ d'Orik abdique sans résistance''', déclarant qu'il avait toujours promis de rendre le trône à un descendant légitime de la lignée Èlyan. | |||
Ainsi s'achève la dynastie dite du « non-sang », et s'ouvre le règne de '''Jan Iʳᵉ d'Èlyan''', '''première impératrice''' de l'histoire connue de Belda'. Rien n'interdisait formellement à une femme d'accéder au trône, mais la coutume l'avait toujours empêché jusqu'alors. | |||
== Ère Moderne (618-826) == | |||
'''Ans ~620-650 : Traité de Thalùn'''<br/> | |||
Sous le règne de Jan Iʳᵉ d'Èlyan, un compromis historique est trouvé avec [[Thalùn]] concernant la réforme linguistique qui avait causé tant de tensions. Le '''Traité de Thalùn''' établit que la cité-état conservera le [[SèYun]] traditionnel à l'oral, préservant ainsi sa singularité culturelle, tout en adoptant officiellement le '''système d'écriture''' de l'[[Èlyan Sèyun]] pour des raisons pratiques (compatibilité avec l'imprimerie, échanges administratifs). | |||
Ce compromis permet à Thalùn de s'intégrer aux réseaux commerciaux et administratifs modernes tout en maintenant son identité de dernier bastion du SèYun originel. | |||
'''An 657'''<br/> | |||
Jan Iʳᵉ d'Èlyan décède après un long règne marqué par la réconciliation et la stabilité. Son fils, '''Theoto d'Èlyan''', lui succède. | |||
'''An 694'''<br/> | |||
Theoto d'Èlyan décède. '''Anju Iʳᵉ d'Èlyan''' lui succède. | |||
'''An 723'''<br/> | |||
Anju Iʳᵉ d'Èlyan décède. '''Al'giru d'Èlyan''' lui succède. | |||
'''An 761'''<br/> | |||
Al'giru d'Èlyan décède. '''Anju IIᵉ d'Èlyan''' lui succède. | |||
'''An 798 : Fin de la dynastie Èlyan'''<br/> | |||
La dynastie Èlyan, qui avait régné (avec une interruption) depuis l'an 512, s'éteint. '''Rean Iᵉʳ de Yuèlan''' est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait pacifiquement, conformément aux traditions de succession. | |||
'''An 804'''<br/> | |||
Rean Iᵉʳ de Yuèlan décède. Son fils, '''Rean IIᵉ de Yuèlan''', lui succède et règne actuellement sur l'Empire de [[Belda']]. | |||
'''An | '''An 826 : Époque actuelle'''<br/> | ||
Le monde connu est divisé en deux blocs antagonistes : | |||
* D'un côté, la [[San hara bo' lian|SABO]] réunissant [[Belda']], [[Miradan]] et [[Thalùn]], avec l'appui de [[Jona'ra]] | |||
* De l'autre, [[Solkez]], isolée derrière sa [[Nuée de Velmuq]], perçue par le nord comme une terre corrompue peuplée de démons | |||
La [[Confédération Vulkari]] reste neutre, entretenant des relations commerciales avec Solkez mais sans engagement militaire. | |||
La [[Sentinelle de Fer]] maintient une paix fragile, régulièrement testée par les [[Bo'qtiè]] de Solkez. Les trois nations de la SABO collaborent tant bien que mal malgré leurs différences culturelles et leurs rancunes historiques, unies par la menace commune du sud. | |||
Version du 20 janvier 2026 à 17:08
Ère des Origines (~-1250 à ~-600)
Vers l'an -1250
Selon la tradition de la Thacufeng, le prophète Sùtèsha descend sur terre, guidé par Dieu pour unifier l'humanité fragmentée. Il parcourt le monde alors divisé en innombrables royaumes et tribus en conflit. Par sa sagesse et sa guidance divine, il parvient à rassembler les peuples et fonde ce qu'il nomme le Beau Pays : Belda'. Il plante symboliquement un arbre pour marquer la fondation de ce refuge sacré, geste commémoré chaque année lors de la Fête du Beau Pays.
Sùtèsha établit la Table de la Thacufeng, ensemble de commandements régissant la vie en communauté, et instaure une lignée impériale dont ses descendants assureront la continuité pendant plus d'un millénaire.
Vers l'an -600
Sur le continent glacé du pôle sud, les clans de la Confédération Vulkari développent les premières formes d'écriture du Qallinuk. Ces documents, gravés sur des peaux de Nanuqvik à l'aide de pointes chauffées par des perles de skyarn, constituent les plus anciennes traces écrites connues de cette langue isolée. Le Qallinuk restera préservé de toute influence extérieure pendant des millénaires, jusqu'à l'établissement de relations commerciales avec Solkez.
Ère des Grandes Explorations (~-500 à ~-360)
Durant cette période, l'Empire de Belda' entreprend une série d'expéditions maritimes vers l'ouest, menées par le groupe d'explorateurs connu sous le nom de Liorushi (littéralement « ceux qui travaillent au loin » en SèYun). Ces expéditions visent à cartographier les mers occidentales et à découvrir de nouvelles terres.
Vers -500 à -450 : 1ʳᵉ et 2ᵉ expéditions Liorushi
Les deux premières expéditions se concentrent sur l'exploration des côtes occidentales du continent. Elles permettent d'établir des cartes détaillées du littoral et de repérer plusieurs baies propices à l'établissement de ports. Aucune terre nouvelle n'est découverte, mais les techniques de navigation s'améliorent considérablement.
Vers -450 à -420 : 3ᵉ et 4ᵉ expéditions Liorushi
La troisième expédition s'aventure plus au large et découvre plusieurs îlots inhabités, trop petits et dépourvus de ressources pour justifier une colonisation. La quatrième expédition tente de pousser encore plus à l'ouest mais se heurte à des tempêtes violentes qui détruisent la moitié de la flotte. Les survivants rentrent avec des récits de mers dangereuses et de courants imprévisibles.
Vers -420 à -400 : 5ᵉ et 6ᵉ expéditions Liorushi
Malgré les échecs précédents, l'Empire persiste. La cinquième expédition longe la côte vers le nord-ouest et découvre des terres enneigées inhospitalières. La sixième expédition, mieux préparée, explore méthodiquement les routes maritimes et établit des points de ravitaillement sur les îlots découverts précédemment, préparant le terrain pour les grandes découvertes à venir.
Vers l'an -380 : 7ᵉ expédition Liorushi — Découverte de Jona'ra
La septième expédition Liorushi atteint pour la première fois l'archipel de Jona'ra. Les explorateurs découvrent avec stupéfaction un peuple silencieux communiquant exclusivement par langue des signes. Les Jona'ra, bien que méfiants face à ces étrangers, ne se montrent pas hostiles. Les explorateurs baptisent ce peuple Jona'ra (« le peuple silencieux » en SèYun) et documentent leurs premières observations sur cette culture unique.
Vers l'an -370 : 8ᵉ expédition Liorushi
Une seconde expédition est envoyée vers l'archipel, cette fois accompagnée d'un religieux de la Thacufeng ayant appris les rudiments du Signe Jona. Lors d'un échange, le religieux demande la différence entre les habitants vêtus de vert et ceux vêtus de bleu. Un local signe « Ceux de la forêt » et « Ceux des vagues », mais le religieux interprète mal les gestes et comprend « Main qui ratisse » et « Main qui souffle ». De cette erreur naissent les noms Sho'ba et Sho'feng, qui resteront en usage.
Vers l'an -360 : Alliance militaire Belda'-Jona'ra
Après plusieurs années de contacts pacifiques et d'échanges culturels, une alliance formelle est établie entre l'Empire de Belda' et les deux états de Jona'ra. Selon la doctrine de la Thacufeng, les Jona'ra de sang pur possèdent un fragment de l'âme de Dieu lui-même, ce qui leur confère un statut sacré aux yeux des fidèles. Cette considération quasi religieuse motive Belda' à assurer la protection militaire de l'archipel, malgré l'absence de contrepartie commerciale significative. L'île de Liorushi, située au nord-est de Jona'ra, est nommée en hommage aux explorateurs fondateurs de cette relation.
Ère de l'Unification Linguistique (-348 à -295)
An -348
Sous le règne de Daolu de Sùtèsha, l'Empire de Belda' connaît une expansion considérable mais souffre d'une profonde fragmentation culturelle et linguistique. Les dialectes locaux se multiplient, entravant la communication entre les régions et seigneuries et compliquant l'administration impériale. Daolu confie alors à un érudit et moine respecté, Yuan Sèyun, la mission d'unifier les langues de l'Empire.
Yuan consacre le reste de sa vie à voyager de région en région et de seigneurie en seigneurie, étudiant les parlers, les rites et les structures symboliques des peuples du continent. Son objectif n'est pas seulement politique : il souhaite créer une langue commune fondée sur l'équité, capable de refléter la diversité tout en la reliant à une même racine impériale.
An -334
L'empereur Daolu de Sùtèsha s'éteint après un long règne. Son fils, Haofeng de Sùtèsha, lui succède. Yuan Sèyun poursuit ses travaux sous le nouveau règne, bien que sa santé commence à décliner.
An -315
Atteint d'une maladie paralysante qui le rongeait depuis plusieurs années, Yuan Sèyun meurt avant d'achever son œuvre. À sa mort, ses disciples conservent ses notes : un ensemble de manuscrits dispersés et inachevés décrivant la grammaire et la phonétique d'une langue universelle. Privé de son impulsion initiale et sans directive impériale claire, le projet est abandonné. Les manuscrits s'enlisent dans les archives monastiques, et le nom de Yuan sombre peu à peu dans l'oubli.
An -311
L'empereur Haofeng de Sùtèsha décède. Son fils, Thalun de Sùtèsha, lui succède. Le jeune empereur hérite d'un Empire stable mais divisé culturellement, les fractures linguistiques s'étant encore accentuées durant les dernières décennies.
An -306
Sous le règne de Thalun de Sùtèsha, le nom de Yuan Sèyun réapparaît. Un vieux moine, dernier disciple vivant de Yuan, présente à l'empereur les fragments du travail de son maître. Touché par la vision universelle de Yuan et conscient de la valeur politique d'une langue commune, Thalun de Sùtèsha décide de relancer officiellement le projet d'unification linguistique.
Il ordonne à plusieurs cercles religieux et administratifs d'étudier les textes laissés par Yuan et d'en établir une version systématisée. Le travail s'étend sur plus d'une décennie, mêlant philologie, religion et raison d'État.
An -295
Après des années d'études et de débats, le SèYun est officiellement proclamé langue de l'Empire de Belda'. Thalun de Sùtèsha impose son enseignement à tous les enfants, dans le cadre d'un vaste programme de rééducation linguistique supervisé par les monastères. Cette réforme, d'abord présentée comme un instrument d'unité et de progrès, est saluée dans les régions nord-ouest.
Mais dans les régions orientales et méridionales, elle est vécue comme une imposition culturelle et une tentative d'effacement des identités locales. Les tensions grandissent, les premiers troubles éclatent. Ainsi, la langue née du rêve d'un moine pour unir les peuples devient paradoxalement le terreau de nouvelles divisions.
Ère des Tensions (-295 à 0)
Les siècles qui suivent la proclamation du SèYun sont marqués par des tensions croissantes entre le nord et le sud de l'Empire. Les provinces méridionales, aux terres arides et au climat difficile, se sentent marginalisées par un pouvoir central qui concentre ses ressources sur les régions fertiles du nord-ouest. L'imposition linguistique reste une plaie ouverte, et les dialectes locaux persistent dans la sphère privée malgré les interdictions officielles.
An -51
La dynastie Sùtèsha, qui régnait depuis les temps légendaires, s'éteint faute d'héritier direct. Le pouvoir passe à la dynastie Belfeng, branche collatérale de la lignée impériale. Locai de Belfeng est couronné empereur. Ce changement dynastique est accepté par la Thacufeng, bien que les conservateurs de certaines régions y voient le début d'une rupture avec la lignée sacrée originelle.
Ère des Scissions (An 0 à 594)
An 0
Le général Golgoroso, commandant issu du Sud et très populaire parmi ses troupes, entre en désaccord profond avec l'Empereur de Belda'. Refusant la centralisation croissante du pouvoir impérial et dénonçant l'exploitation des provinces méridionales, il proclame l'indépendance du Sud sous le nom de Solkez.
Pour marquer cette séparation, il instaure un nouveau calendrier à compter de l'an zéro de l'indépendance. Ce calendrier, plus simple que le calendrier traditionnel de Belda' (qui comptait les années de règne de chaque empereur), s'imposera progressivement dans l'ensemble des nations pour sa praticité. Même Belda' finira par l'adopter officiellement, malgré l'ironie d'utiliser le calendrier de son ennemi.
Ans ~10 à ~80 : Raids de Solkez sur Jona'ra
Solkez, cherchant à affaiblir son ancien suzerain, lance une série de raids maritimes contre l'archipel de Jona'ra, allié de Belda'. Ces attaques visent à capturer des Jona'ra de sang pur, bien que les motivations exactes restent alors mystérieuses pour les nations du nord.
Fidèle à son alliance, Belda' mobilise ses flottes pour protéger l'archipel. La plupart des raids sont repoussés, mais quelques dizaines de Jona'ra sont capturés au fil des décennies. Belda' et Jona'ra considèrent ces prisonniers comme perdus, ignorant qu'ils seront à l'origine d'un programme secret bien plus sinistre.
An 58 : 1ʳᵉ incursion de régulation technologique
La seigneurie de Miradan, bien qu'encore partie de l'Empire de Belda', développe secrètement des technologies basées sur l'Aérin, un gaz aux propriétés d'expansion naturelle extrait exclusivement de son archipel. Des espions de Solkez parviennent à voler plusieurs prototypes d'armes à propulsion pneumatique.
Miradan réagit avec une fermeté inattendue : ses forces rapatrient leurs ressortissants de Solkez puis lancent une attaque coordonnée sur quatre quartiers généraux militaires solk. L'opération dure près de 96 heures et s'achève par la mort du général Vorat lors d'une prise d'otage. Deux soldats miradanais périssent dans l'effondrement d'un bâtiment piégé. Solkez restitue les prototypes et trois de ses généraux signent un accord d'arrêt des recherches.
C'est la première des Incursions de régulation technologique qui marqueront l'histoire de Miradan.
Ans ~70-75 : 2ᵉ incursion de régulation technologique
Solkez reprend clandestinement ses recherches sur les technologies pneumatiques à partir de prototypes volés. L'armée miradanaise mobilise aux frontières maritimes. Après plusieurs semaines de tension, un commando miradanais incendie le complexe de recherche de Vel'Krat. Aucune déclaration officielle n'est émise par aucune des deux parties.
Ans ~85-95 : 3ᵉ incursion de régulation technologique
Miradan intervient contre un programme de Solkez sans lien direct avec l'Aérin, invoquant un précédent de méfiance. Les installations sont officiellement démantelées, bien que les recherches se poursuivront en secret dans des sites souterrains.
Vers l'an ~100 : Fin des raids sur Jona'ra
Les raids de Solkez contre Jona'ra cessent brusquement. Les nations du nord interprètent cette accalmie comme un signe d'épuisement militaire de Solkez. En réalité, Solkez a capturé suffisamment de Jona'ra de sang pur pour alimenter ses élevages clandestins, programme secret visant à extraire les glandes télépathiques nécessaires au contrôle de ses futures armes biomécaniques.
Ans ~100-120 : Activation de la Nuée de Velmuq
Solkez déploie la Nuée de Velmuq, une barrière biologique composée de milliards de petites créatures volantes aux ailes tranchantes. Cette nuée forme une bande infranchissable de plusieurs kilomètres de large, s'étendant sur toute la longueur de la frontière nord.
Pour les nations du nord, cette muraille de ténèbres grouillantes ne peut s'expliquer que par une cause surnaturelle. L'interprétation dominante, basée sur la doctrine de la Thacufeng, conclut que la corruption spirituelle a définitivement consumé les terres de Solkez. Cette croyance, bien qu'erronée, est activement entretenue par Solkez elle-même, qui cultive la terreur comme arme psychologique.
Ans ~120-150 : Construction de la Sentinelle de Fer
Face à l'apparition de la Nuée de Velmuq, l'Empire de Belda' entreprend seul la construction d'une immense muraille fortifiée le long de sa frontière méridionale : la Sentinelle de Fer (Tièvèn en SèYun). Cette structure défensive, haute de 30 à 190 mètres selon les sections, s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres.
La construction mobilise des dizaines de milliers d'ouvriers pendant plusieurs décennies. Les seigneuries de Miradan et Thalùn, bien qu'encore parties de l'Empire, ne contribuent que marginalement au projet, leurs ressources étant concentrées sur leurs propres territoires.
An 154
La dynastie Belfeng s'éteint. Antoni Iᵉʳ de Chù'sèi est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait sans heurts majeurs.
An 262 : Le Grand Séisme de Miradan
Un séisme d'une ampleur sans précédent ravage l'archipel contrôlé par la seigneurie miradanaise. Les raz-de-marée qui s'ensuivent détruisent la moitié des côtes. Environ 70 000 morts, soit près de 40 % de la population, sont recensés. C'est la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire connue.
La seigneurie de Thalùn, épargnée par la catastrophe, apporte immédiatement son soutien : vivres, artisans et main-d'œuvre affluent vers Miradan, renforçant durablement les liens entre les deux seigneuries.
Ce traumatisme devient paradoxalement le catalyseur d'une révolution technologique. Les ingénieurs miradanais, cherchant désespérément des solutions pour protéger leurs cités des séismes futurs, intensifient leurs recherches sur l'Aérin et ses applications.
An 270
Huit ans après le grand séisme, les premières Assises pneumatiques sont opérationnelles. Ce système anti-sismique, constitué d'immenses fondations compartimentées reliées à des chambres pressurisées à l'Aérin, permet d'absorber et de redistribuer les mouvements telluriques. Les premières cités majeures de Miradan sont progressivement équipées de cette technologie révolutionnaire.
An 298
Trente-six ans après le désastre, la seigneurie miradanaise se reconstruit lentement, grâce notamment à l'aide de Thalùn. Mais le Seigneur de Thalùn reproche à l'Empereur de Belda' son inaction et son indifférence face à la catastrophe. Ce dernier justifie le refus d'aide par la nécessité de financer l'entretien de la Sentinelle de Fer face à Solkez.
La fracture politique s'élargit : Belda' se concentre sur sa frontière méridionale, tandis que Miradan et Thalùn se rapprochent économiquement et culturellement.
An 301 : Indépendance de Miradan
Abandonnée par Belda', la seigneurie miradanaise proclame son indépendance. Les douze grandes familles les plus influentes de Miradan fondent le Conseil collégial, une institution oligarchique qui gouvernera durablement la nation. Les douze étoiles du drapeau miradanais, disposées en cercle, symbolisent l'égalité de statut entre ces familles fondatrices.
La même année, Miradan adopte officiellement le calendrier de Solkez, se dissociant symboliquement de Belda'. Le Miradanais est proclamé langue officielle, rompant avec l'héritage linguistique impérial.
An 312 : Incursion de Miradan contre Belda'
Belda', observant l'avancée technologique de Miradan désormais indépendant, initie ses propres recherches sur l'Aérin. Un régiment miradanais se présente aux portes de la capitale impériale avec un ultimatum : cessation immédiate des recherches ou déclaration de guerre.
L'Empire, conscient de son infériorité technologique après avoir vu les armes pneumatiques à l'œuvre, cède sans combattre. C'est une humiliation majeure qui renforce le ressentiment de Belda' envers son ancienne seigneurie.
An 380
La technologie des Assises pneumatiques est désormais considérée comme mature. Toute cité miradanaise d'importance repose sur un réseau souterrain anti-sismique. Les ingénieurs de Miradan commencent à développer des applications mobiles de la technologie pneumatique, notamment les premiers Arpenteurs.
An 387
Un ingénieur miradanais met au point l'imprimerie à caractères mobiles, première du genre dans le monde connu. Conçue pour l'alphabet Miradanais, cette invention ne peut être adaptée au SèYun, la langue impériale de Belda', fondée sur un système de caractères composés complexes nécessitant des milliers de symboles différents.
Cette avancée technologique creuse encore l'écart entre Miradan et le reste du continent, permettant une diffusion massive des textes et accélérant le développement culturel et scientifique de l'archipel.
An 512 : Début de la dynastie Èlyan
Faute d'héritier direct à la dynastie Chù'sèi, le pouvoir revient à la branche la plus proche de la lignée impériale. Shonatan III d'Èlyan est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. Son règne sera marqué par des réformes ambitieuses mais controversées.
An 538 : Réforme linguistique — Création de l'Èlyan Sèyun
L'Empereur Shonatan III ordonne une réforme majeure du SèYun, visant d'abord à le rendre compatible avec l'imprimerie à caractères mobiles inventée à Miradan. Le système d'écriture traditionnel, basé sur des caractères composés variés, est remplacé par un alphabet phonétique standardisé.
Mais la réforme dépasse le domaine technique : elle introduit des changements grammaticaux et lexicaux majeurs, notamment la suppression du duel et la simplification de certaines prononciations. L'Èlyan Sèyun devient la langue officielle de Belda', imposée dans les institutions et les échanges administratifs.
Cette décision provoque une vive opposition de la part du seigneur de Thalùn, région attachée à la tradition. Refusant d'abandonner le SèYun traditionnel, Thalùn accuse l'Empereur d'uniformisation culturelle autoritaire. Les tensions, déjà anciennes, s'enveniment.
An 540
Excédé par la résistance de Thalùn, Shonatan III envoie des missionnaires impériaux pour faire appliquer la réforme linguistique. Le Seigneur de Thalùn les accuse de propagande impériale et les expulse de ses territoires.
Deux semaines plus tard, le 7 novembre, Belda' répond par la force : le groupe armé Liorushi et 10 000 soldats impériaux assiègent la capitale commerciale de la seigneurie. Les routes sont bloquées, la famine s'installe : c'est un siège total. Belda' exige l'abdication de la famille seigneuriale historique.
An 541
Alerté par le siège en cours dans la seigneurie de Thalùn, le Conseil collégial de Miradan vote le 17 janvier l'envoi de 500 soldats pour libérer Thalùn. Ces troupes, équipées des nouvelles technologies de pointe miradanaises — notamment les foënes à propulsion d'Aérin — infligent à Belda' une défaite écrasante : près de 4 700 morts impériaux contre seulement 8 pertes miradanaises.
Le choc est immense : Miradan démontre pour la première fois sa supériorité technologique absolue au monde entier. Belda', humilié, renonce à toute riposte.
Thalùn signe aussitôt un pacte de protection avec Miradan : une garnison permanente de 1 000 soldats miradanais est maintenue sur place, en échange de réductions commerciales allant jusqu'à 80 %. L'Empire se retire définitivement de la région.
An 543 : Indépendance de Thalùn
Après deux années de négociations, Shonatan III signe l'Acte d'indépendance de Thalùn, reconnaissant l'État de Thalùn comme puissance souveraine. Belda' conserve seulement 10 % du territoire frontalier pour sécuriser la limite avec Solkez.
Thalùn devient le dernier bastion du SèYun traditionnel, conservant la langue parlée de ses ancêtres tout en adoptant progressivement le système d'écriture réformé pour des raisons pratiques.
Ans ~545-550 : 1ʳᵉ offensive majeure de Solkez (Bo'qtiè)
La Sentinelle de Fer, construite quatre siècles plus tôt et négligée depuis, tombe en ruine. Solkez, qui a secrètement développé les Bo'qtiè — des machines de guerre biomécaniques contrôlées à distance grâce aux glandes télépathiques extraites des Jona'ra captifs — lance sa première offensive majeure.
Ces créatures terrifiantes, mêlant armatures métalliques et tissus organiques vivants, franchissent les sections effondrées de la muraille. Pour les habitants de Belda', qui ignorent tout de leur vraie nature, ce sont des To'shindo (« morts éloignés »), des manifestations de la corruption spirituelle ayant consumé Solkez.
L'offensive provoque le chaos dans les régions frontalières. Des milliers de civils sont massacrés ou déplacés. L'Empire, affaibli par les récentes humiliations face à Miradan et Thalùn, peine à organiser une défense efficace.
An 549
Shonatan III d'Èlyan décède au milieu de cette crise. Son fils, Shonatan IV d'Èlyan, lui succède. Contrairement à son père, le nouvel empereur se montre lucide sur la situation désespérée de l'Empire : face à la menace de Solkez et à l'isolement diplomatique, Belda' ne peut survivre seul.
An ~564 : Début de la réconciliation
Surnommé « Shonatan le Bon », Shonatan IV consacre son règne à restaurer la confiance entre Belda', Thalùn et Miradan. Il reconnaît publiquement les erreurs de son père, présente des excuses officielles pour le siège de Thalùn, et propose une alliance défensive face à la menace commune de Solkez.
Les routes commerciales rouvrent progressivement, les ambassades reprennent, et un relatif apaisement s'installe. Mais les rancunes persistent : à Belda', les partisans de feu Shonatan III accusent Miradan d'avoir profité de la guerre pour tester ses armes ; à Thalùn et Miradan, on n'oublie pas les famines et massacres provoqués par l'armée impériale.
Conscient de ces plaies, Shonatan IV refuse toute provocation. Il sait que Belda' ne pourrait vaincre Miradan militairement, et que la stabilité est préférable à l'orgueil.
Ans ~570-580 : Fondation de la SABO
Les négociations aboutissent à la création de la San hara bo' lian (« Alliance de Défense des Trois Nations »), communément abrégée SABO. Cette organisation politico-militaire, dirigée par un conseil collégial de neuf représentants (trois par nation), a pour mission de coordonner la défense commune face à Solkez.
La SABO devient l'unique instance de gouvernance internationale du monde connu. Elle prend en charge l'administration et la protection de la Sentinelle de Fer, jusqu'alors gérée (et négligée) par Belda' seul.
Ans ~570-590 : Grands travaux de la Sentinelle de Fer
Sous l'égide de la SABO, d'immenses travaux de rénovation et de modernisation sont entrepris sur la Sentinelle de Fer. Miradan apporte sa technologie de pointe : systèmes de surveillance, mécanismes pneumatiques, et renforcements structurels. Thalùn fournit main-d'œuvre et ressources agricoles. Belda' coordonne les opérations et mobilise ses garnisons.
La muraille, autrefois simple rempart de pierre en ruine, devient une véritable forteresse technologique. Certaines sections abritent désormais des bases militaires permanentes et des quartiers habités.
An 584
Naissance de la fille unique de Shonatan IV d'Èlyan. Souhaitant un héritier masculin pour assurer une succession sans contestation, l'empereur fait cacher l'existence de l'enfant au monde extérieur. La fillette est confiée à la Foi (la hiérarchie de la Thacufeng), qui l'élèvera dans le secret.
Ans ~585-590 : Stabilisation des frontières
Grâce à la Sentinelle de Fer modernisée et aux efforts coordonnés de la SABO, les frontières se stabilisent enfin. Les Bo'qtiè de Solkez ne parviennent plus à franchir la muraille renforcée. Une paix relative s'installe, permettant aux trois nations de prospérer.
Ère de la Rupture Èlyan (594-618)
An 594
L'empereur Shonatan IV d'Èlyan meurt sans héritier officiellement reconnu. Seule subsiste sa fille cachée, considérée comme inéligible selon la coutume qui privilégie les hommes pour le trône impérial. Commence alors une période de vacance du pouvoir, marquant le début de l'Ère dite de la Rupture Èlyan.
An 595 : 2ᵉ offensive de Solkez
Après un an de recherches infructueuses d'un successeur légitime, le vide politique plonge l'Empire dans le chaos. Solkez, percevant la faiblesse de son ennemi, lance une seconde offensive majeure de Bo'qtiè.
Profitant de la désorganisation de la chaîne de commandement, les machines biomécaniques percent plusieurs sections de la Sentinelle de Fer. Des dizaines de milliers d'habitants de Belda' sont massacrés ou réduits en esclavage sur les îles de Tie'uoda'. Sur le continent, seule Thalùn résiste efficacement, grâce au soutien militaire de Miradan à ses frontières.
An 596
Un ancien professeur de l'Académie diplomatique de Belda', Joan Orik, sort de l'ombre. Face à l'effondrement de l'État, il parvient à réunir les généraux dispersés et à organiser une contre-offensive efficace. Sous sa direction, l'armée impériale repousse Solkez et sauve la capitale de Belda'. Son nom commence à circuler dans les cercles militaires comme celui d'un stratège providentiel.
An 607
Après plus d'une décennie de guerres, les frontières de Belda' se stabilisent, bien qu'amputées d'une partie de la région de Belshu'. Joan Orik est désormais reconnu comme le véritable chef de fait de l'Empire, exerçant le pouvoir sans en porter le titre.
An 608
Le 16 juillet, Joan Orik est proclamé Empereur de Belda' par les principaux généraux militaires. Prenant le nom de Joan Iᵉʳ d'Orik, dit « Le Salvateur », il fonde la dynastie Orik. Mais son absence totale de lien avec la lignée Èlyan, et le fait qu'il n'ait pas reçu la bénédiction officielle de la Foi, alimentent de vives controverses sur la légitimité de son règne.
Joan Iᵉʳ déclare publiquement qu'il ne considère son règne que comme une régence temporaire, et qu'il rendrait le trône si un descendant légitime de la lignée Èlyan venait à être retrouvé.
An 614
Deux tentatives d'assassinat sont menées par des familles notables de Belda' jugeant l'empereur illégitime. Joan Iᵉʳ d'Orik en réchappe de justesse, mais ces événements marquent un climat politique délétère. La loyauté envers le trône se fragilise.
An 618 : Révélation de Jan d'Èlyan
Une femme de 34 ans, Jan d'Èlyan, émerge soudainement dans la sphère publique de Belda'. La Foi affirme qu'elle est la fille cachée de Shonatan IV, tenue secrète depuis sa naissance pour la protéger des troubles de la succession. L'opinion publique, fidèle à la Foi, se rallie massivement à elle.
Fidèle à sa parole, Joan Iᵉʳ d'Orik abdique sans résistance, déclarant qu'il avait toujours promis de rendre le trône à un descendant légitime de la lignée Èlyan.
Ainsi s'achève la dynastie dite du « non-sang », et s'ouvre le règne de Jan Iʳᵉ d'Èlyan, première impératrice de l'histoire connue de Belda'. Rien n'interdisait formellement à une femme d'accéder au trône, mais la coutume l'avait toujours empêché jusqu'alors.
Ère Moderne (618-826)
Ans ~620-650 : Traité de Thalùn
Sous le règne de Jan Iʳᵉ d'Èlyan, un compromis historique est trouvé avec Thalùn concernant la réforme linguistique qui avait causé tant de tensions. Le Traité de Thalùn établit que la cité-état conservera le SèYun traditionnel à l'oral, préservant ainsi sa singularité culturelle, tout en adoptant officiellement le système d'écriture de l'Èlyan Sèyun pour des raisons pratiques (compatibilité avec l'imprimerie, échanges administratifs).
Ce compromis permet à Thalùn de s'intégrer aux réseaux commerciaux et administratifs modernes tout en maintenant son identité de dernier bastion du SèYun originel.
An 657
Jan Iʳᵉ d'Èlyan décède après un long règne marqué par la réconciliation et la stabilité. Son fils, Theoto d'Èlyan, lui succède.
An 694
Theoto d'Èlyan décède. Anju Iʳᵉ d'Èlyan lui succède.
An 723
Anju Iʳᵉ d'Èlyan décède. Al'giru d'Èlyan lui succède.
An 761
Al'giru d'Èlyan décède. Anju IIᵉ d'Èlyan lui succède.
An 798 : Fin de la dynastie Èlyan
La dynastie Èlyan, qui avait régné (avec une interruption) depuis l'an 512, s'éteint. Rean Iᵉʳ de Yuèlan est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait pacifiquement, conformément aux traditions de succession.
An 804
Rean Iᵉʳ de Yuèlan décède. Son fils, Rean IIᵉ de Yuèlan, lui succède et règne actuellement sur l'Empire de Belda'.
An 826 : Époque actuelle
Le monde connu est divisé en deux blocs antagonistes :
- D'un côté, la SABO réunissant Belda', Miradan et Thalùn, avec l'appui de Jona'ra
- De l'autre, Solkez, isolée derrière sa Nuée de Velmuq, perçue par le nord comme une terre corrompue peuplée de démons
La Confédération Vulkari reste neutre, entretenant des relations commerciales avec Solkez mais sans engagement militaire.
La Sentinelle de Fer maintient une paix fragile, régulièrement testée par les Bo'qtiè de Solkez. Les trois nations de la SABO collaborent tant bien que mal malgré leurs différences culturelles et leurs rancunes historiques, unies par la menace commune du sud.