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« Chronologie » : différence entre les versions

De Sèida
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Ceci est le récit de la chronologie du monde connue par les habitants de l'époque actuelle : 2925 (Année réelle + 900 ans)
== Ère des Origines (~-1250 à ~-600) ==


'''An 584'''
'''Vers l'an -1250'''<br/>
Selon la tradition de la [[Thacufeng]], le prophète '''Sùtèsha''' descend sur terre, guidé par Dieu pour unifier l'humanité fragmentée. Il parcourt le monde alors divisé en innombrables royaumes et tribus en conflit. Par sa sagesse et sa guidance divine, il parvient à rassembler les peuples et fonde ce qu'il nomme le '''Beau Pays''' : [[Belda']]. Il plante symboliquement un arbre pour marquer la fondation de ce refuge sacré.


Naissance de la fille unique de Shonatan IV d’Èlyan. Souhaitant un héritier masculin, Shonatan fait cacher l’existence de l’enfant au monde extérieur. La fillette est confiée à la Foi, qui l’élèvera dans le secret.
Sùtèsha établit la [[Table de la Thacufeng]], ensemble de commandements régissant la vie en communauté, et instaure une lignée impériale.
 
'''Vers l'an -600'''<br/>
Sur le continent glacé du pôle sud, les clans de la [[Confédération Vulkari]] développent les premières formes d'écriture du [[Qallinuk]]. Ces documents, gravés sur des peaux de [[Nanuqvik]] à l'aide de pointes chauffées par des [[Perle de skyarn|perles de skyarn]], constituent les plus anciennes traces écrites connues de cette langue isolée.
 
== Ère des Grandes Explorations (~-500 à ~-360) ==
Durant cette période, l'Empire de [[Belda']] entreprend une série d'expéditions maritimes vers l'ouest, menées par la garde rapprochée de l'Empereur de Belda' connue sous le nom de [[Groupe Liorushi]]. Ces expéditions visent à cartographier les mers occidentales et à découvrir de nouvelles terres.
 
'''An -498 : 1ʳᵉ expédition Liorushi'''<br/>
La première expédition se concentre sur l'exploration des côtes occidentales du continent. Elle permet d'établir des cartes détaillées du littoral et de repérer plusieurs baies propices à l'établissement de ports. Aucune terre nouvelle n'est découverte, mais les techniques de navigation s'améliorent considérablement.
 
'''An -481 : 2ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
La deuxième expédition poursuit le travail cartographique entamé lors de la première, explorant plus en détail les côtes nord-occidentales. Des relevés hydrographiques précis sont réalisés, facilitant les traversées futures.
 
'''An -456 : 3ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
La troisième expédition s'aventure plus au large et découvre plusieurs îlots inhabités, trop petits et dépourvus de ressources pour justifier une colonisation.
 
'''An -437 : 4ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
La quatrième expédition tente de pousser encore plus à l'ouest mais se heurte à des tempêtes violentes qui détruisent la moitié de la flotte. Les survivants rentrent avec des récits de mers dangereuses et de courants imprévisibles.
 
'''An -419 : 5ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
Malgré les échecs précédents, l'Empire persiste. La cinquième expédition longe la côte vers le nord-ouest cartographie les terres glaciales du nord du continent.
 
'''An -402 : 6ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
Mieux préparée que les précédentes, la sixième expédition explore méthodiquement les routes maritimes et établit des points de ravitaillement sur les îlots découverts précédemment, préparant le terrain pour les grandes découvertes à venir.
 
'''An -383 : 7ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
La septième expédition du [[Groupe Liorushi]] atteint pour la première fois l'archipel de [[Jona'ra]]. Les explorateurs découvrent avec stupéfaction un peuple silencieux communiquant exclusivement par langue des signes. Les Jona, bien que méfiants face à ces étrangers, ne se montrent pas hostiles. Les explorateurs baptisent ce peuple ''Jonoara'' (« le peuple silencieux », nom qui évoluera plus tard jusqu'à devenir Jona'ra) et documentent leurs premières observations sur cette culture.
 
'''An -371 : 8ᵉ expédition Liorushi'''<br/>
Une seconde expédition est envoyée vers l'archipel accompagnée d'un religieux de la [[Thacufeng]] ayant appris les rudiments du [[Signe Jona]]. Lors d'un échange, le religieux demande la différence entre les habitants vêtus de vert et ceux vêtus de bleu. Un local signe « Ceux de la forêt » et « Ceux des vagues », mais le religieux interprète mal les gestes et comprend « Main qui ratisse » et « Main qui souffle ». De cette erreur naissent les noms [[Sho'ba]] et [[Sho'feng]], qui resteront en usage.
 
'''An -358 : Alliance militaire Belda'-Jona'ra'''<br/>
Après plusieurs années de contacts pacifiques et d'échanges culturels, une alliance formelle est établie entre l'Empire de [[Belda']] et les deux états de [[Jona'ra]]. Selon la doctrine de la [[Thacufeng]], les Jona'ra de sang pur possèdent un fragment de l'âme de Dieu lui-même (Selon la Table de la Thacufeng : « Les protecteurs du silence sont les gardiens de Dieu »), ce qui leur confère un statut sacré aux yeux des fidèles. Cette considération religieuse motive Belda' à assurer la protection militaire de l'archipel, malgré l'absence de contrepartie commerciale significative. L'île de '''Liorushi''', située au nord-est de Jona'ra, est nommée en hommage aux explorateurs fondateurs de cette relation et sert alors de pied-à-terre pour Belda' proche de Jona'ra.
 
== Ère de l'Unification Linguistique (-348 à -295) ==
 
'''An -348'''<br/>
Sous le règne de '''Daolu de Sùtèsha''', l'Empire de [[Belda']] connaît une expansion considérable mais souffre d'une profonde fragmentation culturelle et linguistique. Les dialectes locaux se multiplient, entravant la communication entre les seigneuries et compliquant l'administration impériale. Daolu confie alors à un érudit et moine respecté, '''Yuan Sèyun''', la mission d'unifier les langues de l'Empire.
 
Yuan consacre le reste de sa vie à voyager de région en région et de seigneurie en seigneurie, étudiant les parlers, les rites et les structures symboliques des peuples du continent. Son objectif n'est pas seulement politique : il souhaite créer une langue commune fondée sur l'équité, capable de refléter la diversité tout en la reliant à une même racine impériale.
 
'''An -334'''<br/>
L'empereur Daolu de Sùtèsha s'éteint après un long règne. Son fils, '''Haofeng de Sùtèsha''', lui succède. Yuan Sèyun poursuit ses travaux sous le nouveau règne, bien que sa santé commence à décliner.
 
'''An -315'''<br/>
Atteint d'une maladie paralysante qui le rongeait depuis plusieurs années, Yuan Sèyun meurt avant d'achever son œuvre. À sa mort, ses disciples conservent ses notes : un ensemble de manuscrits dispersés et inachevés décrivant la grammaire et la phonétique d'une langue universelle. Privé de son impulsion initiale et sans directive impériale claire, le projet est abandonné. Les manuscrits s'enlisent dans les archives monastiques, et le nom de Yuan sombre peu à peu dans l'oubli.
 
'''An -311'''<br/>
L'empereur Haofeng de Sùtèsha décède. Son fils, '''Thalun de Sùtèsha''', lui succède. Le jeune empereur hérite d'un Empire stable mais divisé culturellement, les fractures linguistiques s'étant encore accentuées durant les dernières décennies.
 
'''An -306'''<br/>
Sous le règne de Thalun de Sùtèsha, le nom de Yuan Sèyun réapparaît. Un vieux moine, dernier disciple vivant de Yuan, présente à l'empereur les fragments du travail de son maître. Touché par la vision universelle de Yuan et conscient de la valeur politique d'une langue commune, Thalun de Sùtèsha décide de relancer officiellement le projet d'unification linguistique.
 
Il ordonne à plusieurs cercles religieux et administratifs d'étudier les textes laissés par Yuan et d'en établir une version systématisée. Le travail s'étend sur plus d'une décennie, mêlant philologie, religion et raison d'État.
 
'''An -295'''<br/>
Après des années d'études et de débats, le [[SèYun]] est officiellement proclamé langue de l'Empire de [[Belda']]. Thalun de Sùtèsha impose son enseignement à tous les enfants, dans le cadre d'un vaste programme de rééducation linguistique supervisé par les monastères. Cette réforme, d'abord présentée comme un instrument d'unité et de progrès, est saluée dans les régions nord.
 
Mais dans les régions méridionales, elle est vécue comme une imposition culturelle et une tentative d'effacement des identités locales. Les tensions grandissent, les premiers troubles éclatent. Ainsi, la langue née du rêve d'un moine pour unir les peuples devient paradoxalement le terreau de nouvelles divisions.
 
== Ère des Tensions (-295 à 0) ==
 
Les siècles qui suivent la proclamation du [[SèYun]] sont marqués par des tensions croissantes entre le nord et le sud de l'Empire. Les provinces méridionales, aux terres arides et au climat difficile, se sentent marginalisées par un pouvoir central qui concentre ses ressources sur les régions fertiles du nord. L'imposition linguistique reste une plaie ouverte, et les dialectes locaux persistent dans la sphère privée malgré les interdictions officielles.
 
'''An -51'''<br/>
La dynastie Sùtèsha, qui régnait depuis les temps légendaires, s'éteint faute d'héritier direct. Le pouvoir passe à la dynastie '''Belfeng''', branche collatérale de la lignée impériale. '''Locai de Belfeng''' est couronné empereur. Ce changement dynastique est accepté par la [[Thacufeng]], bien que les conservateurs de nombreuses régions orientales et méridionales y voient une rupture avec la lignée sacrée originelle.
 
'''An -10'''<br/>
Sur l'archipel de [[Jona'ra]], les deux états de [[Sho'ba]] et [[Sho'feng]] fondent conjointement l''''[[Académie martiale de Jona'ra]]''', centralisant pour la première fois la formation des guerriers de l'archipel. Jusqu'alors, chaque village formait ses propres combattants de manière informelle, sous la supervision de fonctionnaires locaux. Face aux tensions croissantes sur le continent, les Intendants décident d'unifier ces pratiques disparates en une institution unique, établie sur l'île occidentale de Sho'ba mais administrée à parts égales par les deux états. Cette réforme donne naissance aux [[Combattants d'élite Jona]] tels qu'on les connaît aujourd'hui : une force cohérente, formée selon des méthodes standardisées et transmises de génération en génération.
 
== Ère des Scissions (An 0 à 594) ==
 
'''An 0'''<br/>
Le général '''Golgoroso''', commandant issu du Sud et très populaire parmi ses troupes, entre en désaccord profond avec l'Empereur de [[Belda']]. Refusant la centralisation croissante du pouvoir impérial, doutant de la légitimité de la nouvelle dynastie et dénonçant l'exploitation des provinces méridionales, il proclame l'indépendance du Sud sous le nom de '''[[Solkez]]'''.
 
Pour marquer cette séparation, il instaure un nouveau calendrier à compter de l'an zéro de l'indépendance. Ce calendrier, plus simple que le calendrier traditionnel de Belda' (qui comptait les années de règne de chaque empereur).
 
'''An 12'''<br/>
Une flotte de 8 navires solk attaque le village côtier de la baie orientale de [[Sho'feng]]. Pris par surprise, les habitants ne peuvent opposer de résistance efficace. 14 Jona'ra sont capturés avant que les assaillants ne se replient. C'est le premier acte d'hostilité directe de Solkez contre Jona'ra.
 
'''An 23'''<br/>
12 navires solk débarquent sur la côte sud de [[Sho'ba]]. Les [[Combattants d'élite Jona]] interviennent rapidement et infligent de lourdes pertes aux assaillants : 3 navires sont coulés et plus de 200 soldats solk périssent contre une trentaine du coté des Jona.
 
'''An 31'''<br/>
Alerté par la répétition des attaques, [[Belda']] déploie une escadre de 15 navires de guerre en patrouille permanente autour de Jona'ra. Cette présence dissuade temporairement Solkez.
 
'''An 38'''<br/>
Solkez adapte sa stratégie : des raids nocturnes menés par des embarcations légères et rapides contournent les patrouilles beld. Un village isolé de [[Sho'feng]] est attaqué ; 7 Jona'ra disparaissent.
 
'''An 47'''<br/>
Une flotte de 22 navires solk lance l'attaque la plus ambitieuse à ce jour. La flotte beld intercepte l'essentiel des forces ennemies, coulant 9 navires et capturant 2 autres. Cependant, 4 embarcations légères parviennent à atteindre la côte mais les troupes sont décimées par les [[Combattants d'élite Jona|combattants Jona]].
 
'''An 71'''<br/>
Une flotte de 18 navires solk tente une dernière offensive d'envergure. La défense coordonnée entre Belda' et les Combattants d'élite Jona est désormais rodée : 11 navires solk sont détruits, 4 capturés. Seuls 3 navires parviennent à s'échapper avec une dizaine de prisonniers Jona.
 
Ensuite, les attaques cessent. Au total, sur six décennies de raids, une traintaine de Jona ont été capturés. Belda' et Jona'ra considèrent ces prisonniers comme morts depuis longtemps. En réalité, Solkez a obtenu suffisamment de sujets pour alimenter ses [[Élevages clandestins de Jona|élevages clandestins]].
 
'''An 58'''<br/>
La seigneurie de [[Miradan]], bien qu'encore partie de l'Empire de [[Belda']], développe secrètement des technologies basées sur l'[[Aérin]], un gaz aux propriétés d'expansion naturelle extrait exclusivement de son archipel. Des espions de [[Solkez]] parviennent à voler plusieurs prototypes d'armes à propulsion d'Aérin.
 
Miradan réagit avec une fermeté inattendue : ses forces rapatrient leurs ressortissants de Solkez puis lancent une attaque coordonnée sur quatre quartiers généraux militaires solk. L'opération dure près de 96 heures et s'achève par la mort du général Vorat lors d'une prise d'otage. Deux soldats miradanais périssent dans l'effondrement d'un bâtiment piégé. Solkez restitue les prototypes et trois de ses généraux signent un accord d'arrêt des recherches.
 
C'est la première des [[Incursions de régulation technologique]] qui marqueront l'histoire de Miradan.
 
'''Ans 71'''<br/>
[[Solkez]] reprend clandestinement ses recherches sur les technologies miradiennes à partir de prototypes volés. L'armée miradienne mobilise aux frontières maritimes. Après plusieurs semaines de tension, un commando miradanais incendie le complexe de recherche de [[Vel'Krat]]. Aucune déclaration officielle n'est émise par aucune des deux parties.
 
'''Ans 85'''<br/>
[[Miradan]] intervient contre un programme biologique de [[Solkez]] sans lien direct avec l'[[Aérin]], invoquant un précédent de méfiance. Les installations sont officiellement démantelées, bien que les recherches se poursuivront en secret dans des sites souterrains.
 
'''Ans 117'''<br/>
[[Solkez]] déploie la [[Nuée de Velmuq]], une barrière biologique composée de milliards de petites créatures volantes aux ailes tranchantes. Cette nuée forme une bande infranchissable de plusieurs kilomètres de large, s'étendant sur toute la longueur de la frontière nord.
 
Pour les nations du nord, cette muraille de ténèbres grouillantes ne peut s'expliquer que par une cause surnaturelle. L'interprétation dominante, basée sur la doctrine de la [[Thacufeng]], conclut que la corruption spirituelle a définitivement consumé les terres de Solkez et donc que la nation de Solkez aurait été anéantie par Dieu.
 
'''Ans ~120-150 : Construction de la Sentinelle de Fer'''<br/>
Face à l'apparition de la [[Nuée de Velmuq]], l'Empire de [[Belda']] entreprend en l'an 120 la construction d'une immense muraille fortifiée le long de sa frontière méridionale : la [[Sentinelle de Fer]] (''Tièvèn'' en [[SèYun]]). Cette structure défensive, haute de 30 à 190 mètres selon les sections, s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres.
 
La construction mobilise une centaine de milliers d'ouvriers pendant plusieurs décennies. Les seigneuries de [[Miradan]] et [[Thalùn]], bien qu'encore parties de l'Empire, ne contribuent que marginalement au projet, leurs ressources étant concentrées sur leurs propres territoires.
 
'''An 154'''<br/>
La dynastie Belfeng s'éteint. '''Antoni Iᵉʳ de Chù'sèi''' est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait sans heurts majeurs.
 
'''An 262'''<br/>
Un séisme d'une ampleur sans précédent ravage [[Miradan]]. Les raz-de-marée qui s'ensuivent détruisent la moitié des côtes. Environ '''70 000 morts''', soit près de 40 % de la population, sont recensés. C'est la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire connue.
 
La seigneurie de [[Thalùn]], épargnée par la catastrophe, apporte immédiatement son soutien : vivres, artisans et main-d'œuvre affluent vers Miradan, renforçant durablement les liens entre les deux seigneuries.
 
Ce traumatisme devient paradoxalement le catalyseur d'une révolution technologique. Les ingénieurs miradanais, cherchant désespérément des solutions pour protéger leurs cités des séismes futurs, intensifient leurs recherches sur l'[[Aérin]] et ses applications.
 
'''An 270'''<br/>
Huit ans après le grand séisme, les premières [[Assises pneumatiques]] sont opérationnelles. Ce système anti-sismique, constitué d'immenses fondations compartimentées reliées à des chambres pressurisées à l'Aérin, permet d'absorber et de redistribuer les mouvements telluriques. Les premières cités majeures de Miradan sont progressivement équipées de cette technologie qui s'avèrera révolutionnaire.
 
'''An 298'''<br/>
Trente-six ans après le désastre, la seigneurie miradanaise se reconstruit lentement, grâce notamment à l'aide de [[Thalùn]]. Mais le Seigneur de Thalùn reproche à l'Empereur de [[Belda']] son inaction et son indifférence face à la catastrophe. Ce dernier justifie le refus d'aide par la nécessité de financer l'entretien de la [[Sentinelle de Fer]] face à [[Solkez]].
 
La fracture politique s'élargit : Belda' se concentre sur sa frontière méridionale, tandis que Miradan et Thalùn se rapprochent économiquement et culturellement.
 
'''An 301'''<br/>
Abandonnée par [[Belda']], la seigneurie miradienne proclame son indépendance. Les '''douze grandes familles''' les plus influentes de Miradan fondent le '''Conseil collégial''', une institution oligarchique qui gouvernera durablement la nation. Les douze étoiles du drapeau miradien, disposées en cercle, symbolisent l'égalité de statut entre ces familles fondatrices.
 
La même année, [[Miradan]] adopte officiellement le calendrier de [[Solkez]], se dissociant symboliquement de Belda' et de son calendrier dynastique. Le [[Miradanais]] est proclamé langue officielle, rompant avec l'héritage linguistique impérial.
 
'''An 312'''<br/>
[[Belda']], observant l'avancée technologique de [[Miradan]] désormais indépendant, initie ses propres recherches sur l'[[Aérin]]. Un régiment miradanais se présente aux portes de la capitale impériale avec un ultimatum : cessation immédiate des recherches ou déclaration de guerre.
 
L'Empire, conscient de son infériorité technologique, cède sans combattre. C'est une humiliation majeure qui renforce le ressentiment de Belda' envers son ancienne seigneurie.
 
'''An 380'''<br/>
La technologie des [[Assises pneumatiques]] est désormais considérée comme mature. Toute cité miradanaise d'importance repose sur un réseau souterrain anti-sismique. Les ingénieurs de Miradan commencent à développer des applications mobiles de la technologie pneumatique, notamment les premiers [[Arpenteur|Arpenteurs]].
 
'''An 387'''<br/>
Un ingénieur miradanais met au point l'imprimerie à caractères mobiles, première du genre dans le monde connu. Conçue pour l'alphabet [[Miradanais]], cette invention ne peut être adaptée au [[SèYun]], la langue impériale de [[Belda']], fondée sur un système de caractères composés complexes nécessitant des milliers de symboles différents.
 
Cette avancée technologique creuse encore l'écart entre Miradan et le reste du continent, permettant une diffusion massive des textes et accélérant le développement culturel et scientifique de l'archipel oriental.
 
'''An 512'''<br/>
Faute d'héritier direct à la dynastie Chù'sèi, le pouvoir revient à la branche la plus proche de la lignée impériale. '''Shonatan III d'Èlyan''' est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie.
 
'''An 538'''<br/>
L'Empereur Shonatan III ordonne une réforme majeure du [[SèYun]], visant d'abord à le rendre compatible avec l'imprimerie à caractères mobiles inventée à [[Miradan]]. Le système d'écriture traditionnel, basé sur des caractères composés variés, est remplacé par un '''alphabet phonétique''' standardisé.
 
Mais la réforme dépasse le domaine technique : elle introduit des changements grammaticaux et lexicaux majeurs, notamment la suppression du duel et la simplification de certaines prononciations. L'[[Èlyan Sèyun]] devient la langue officielle de Belda', imposée dans les institutions et les échanges administratifs.
 
Cette décision provoque une vive opposition de la part du seigneur de [[Thalùn]], région attachée à la tradition. Refusant d'abandonner le SèYun traditionnel, Thalùn accuse l'Empereur d'uniformisation culturelle autoritaire. Les tensions, déjà anciennes, s'enveniment.
 
'''An 540'''<br/>
Excédé par la résistance de [[Thalùn]], Shonatan III envoie des missionnaires impériaux pour faire appliquer la réforme linguistique. Le Seigneur de Thalùn les accuse de propagande impériale et les expulse de ses territoires.
 
Deux semaines plus tard, le '''7 novembre''', [[Belda']] répond par la force : le [[Groupe Liorushi]] et 10 000 soldats impériaux assiègent la capitale commerciale de la seigneurie. Les routes sont bloquées, la famine s'installe : c'est un siège total. Belda' exige l'abdication de la famille seigneuriale historique.
 
'''An 541'''<br/>
Alerté par le siège en cours dans la seigneurie de [[Thalùn]], le Conseil collégial de [[Miradan]] vote le '''17 janvier''' l'envoi de 500 soldats pour libérer Thalùn. Ces troupes, équipées des nouvelles technologies de pointe miradanaises : notamment les '''foënes à propulsion d'Aérin''', infligent à Belda' une défaite écrasante : près de '''4 700 morts''' impériaux contre seulement '''8 pertes''' miradiennes.
 
Le choc est immense : Miradan démontre pour la première fois sa supériorité technologique absolue au monde entier. Belda', humilié, renonce à toute riposte.
 
Thalùn signe aussitôt un '''pacte de protection''' avec Miradan : une garnison permanente de 1 000 soldats miradiens est maintenue sur place, en échange de réductions commerciales allant jusqu'à 80 %. L'Empire se retire définitivement de la région.
 
'''An 543'''<br/>
Après deux années de négociations, Shonatan III signe l''''Acte d'indépendance de Thalùn''', reconnaissant l'État de [[Thalùn]] comme puissance souveraine. [[Belda']] conserve seulement 10 % du territoire frontalier pour sécuriser la limite avec [[Solkez]].
 
'''Ans 545-550'''<br/>
La [[Sentinelle de Fer]], construite quatre siècles plus tôt et négligée depuis, tombe en ruine. [[Solkez]], toujours vu comme un térritoire corrompu notamment par l'imaginaire collectif autour de la [[Nuée de Velmuq]], a secrètement développé les [[Bo'qtiè]] : des machines de guerre biomécaniques contrôlées à distance grâce aux glandes télépathiques extraites des Jona'ra captifs.
 
Ces créatures terrifiantes, mêlant armatures métalliques et tissus organiques vivants, franchissent les sections effondrées de la muraille. Pour les habitants de [[Belda']], qui ignorent tout de leur vraie nature, ce sont des '''To'shindo''' (« morts éloignés »), des manifestations de la corruption spirituelle ayant consumé Solkez.
 
L'offensive provoque le chaos dans les régions frontalières. Des milliers de civils sont massacrés. L'Empire, affaibli par les récentes humiliations face à Miradan et Thalùn, peine à organiser une défense efficace.
 
'''An 549'''<br/>
Shonatan III d'Èlyan décède au milieu de cette crise. Son fils, '''Shonatan IV d'Èlyan''', lui succède. Contrairement à son père, le nouvel empereur se montre lucide sur la situation désespérée de l'Empire : face à la menace de [[Solkez]] et à l'isolement diplomatique, Belda' ne peut survivre seul.
 
'''An 564 : Début de la réconciliation'''<br/>
Surnommé '''« Shonatan le Bon »''', Shonatan IV consacre son règne à restaurer la confiance entre [[Belda']], [[Thalùn]] et [[Miradan]]. Il reconnaît publiquement les erreurs de son père, présente des excuses officielles pour le siège de Thalùn, et propose une alliance défensive face à la menace commune de [[Solkez]].
 
Les routes commerciales rouvrent progressivement, les ambassades reprennent, et un relatif apaisement s'installe. Mais les rancunes persistent : à Belda', les partisans de feu Shonatan III accusent Miradan d'avoir profité de la guerre pour tester ses armes ; à Thalùn et Miradan, on n'oublie pas les famines et massacres provoqués par l'armée impériale.
 
Conscient de ces plaies, Shonatan IV refuse toute provocation. Il sait que Belda' ne pourrait vaincre Miradan militairement, et que la stabilité est préférable à l'orgueil.
 
'''An 578'''<br/>
Les négociations aboutissent à la création de la '''[[San hara bo' lian]]''' (« Alliance de Défense des Trois Nations »), communément abrégée '''SABO'''. Cette organisation politico-militaire, dirigée par un conseil collégial de neuf représentants (trois par nation), a pour mission de coordonner la défense commune face à [[Solkez]].
 
La SABO devient l'unique instance de gouvernance internationale du monde connu. Elle prend en charge l'administration et la protection de la [[Sentinelle de Fer]], jusqu'alors gérée (et négligée) par Belda' seul.
 
'''An 584'''<br/>
Naissance de la fille unique de Shonatan IV d'Èlyan. Souhaitant un héritier masculin pour assurer une succession sans contestation, l'empereur fait cacher l'existence de l'enfant au monde extérieur. La fillette est confiée à la Foi (la hiérarchie de la [[Thacufeng]]), qui l'élèvera dans le secret.
 
'''Ans ~570-590'''<br/>
Sous l'égide de la [[San hara bo' lian|SABO]], les territoires de Belda' du sud qui étaient encore investis par des [[Bo'qtiè]] de [[Solkez]] sont repris et d'immenses travaux de rénovation et de modernisation sont entrepris sur la [[Sentinelle de Fer]]. [[Miradan]] apporte sa technologie de pointe et de nombreux soldats pour aider à la reprise du térritoire contre Solkez. [[Thalùn]] fournit main-d'œuvre et ressources diverses. [[Belda']] coordonne les opérations et mobilise ses garnisons.
 
La muraille, autrefois simple rempart de pierre en ruine, devient une véritable forteresse. Certaines sections abritent désormais des bases militaires permanentes et des quartiers habités.
 
Grâce à la [[Sentinelle de Fer]] modernisée et aux efforts coordonnés de la [[San hara bo' lian|SABO]], les frontières se stabilisent enfin. Les [[Bo'qtiè]] de [[Solkez]] ne parviennent plus à franchir la muraille renforcée. Une paix relative s'installe, permettant aux trois nations de prospérer.
 
La frontière demeurant calme depuis plusieurs décennies, des villages, des bourgs et des terres agricoles commencent à s'établir au-delà de la Sentinelle de Fer, sur les territoires administrés par la SABO. Cette expansion civile fait l'objet d'un débat houleux au sein du gouvernement de la SABO: les trois représentants miradiens votent fermement contre, arguant que la proximité de la [[Nuée de Velmuq]] représente un danger permanent et que toute accalmie de [[Solkez]] pourrait n'être que temporaire. Cependant, le vote conjoint des représentants de [[Belda']] et [[Thalùn]] (six voix contre trois) autorise l'installation de populations civiles au-delà de la muraille. Pour Belda', ces terres fertiles représentent une opportunité de nourrir une population croissante ; pour Thalùn, c'est l'occasion d'étendre ses exportations agricoles. Miradan, mis en minorité, se contente d'exiger que les nouveaux établissements financent eux-mêmes leur défense en cas d'attaque, dégageant ainsi la SABO de toute responsabilité directe envers ces colons volontaires.
 
== Ère de la Rupture Èlyan (594-618) ==
 
'''An 594'''<br/>
L'empereur '''Shonatan IV d'Èlyan''' meurt sans héritier officiellement reconnu. Seule subsiste sa fille cachée, considérée comme inéligible selon la coutume qui privilégie les hommes pour le trône impérial. Commence alors une période de '''vacance du pouvoir''', marquant le début de l'Ère dite de la Rupture Èlyan.
 
'''An 595'''<br/>
Après un an de recherches infructueuses d'un successeur légitime, le vide politique plonge l'Empire dans le chaos.
 
[[Solkez]], percevant la faiblesse de son ennemi, lance une '''seconde offensive majeure''' de [[Bo'qtiè]].
 
Les machines biomécaniques n'ont même pas besoin de forcer la [[Sentinelle de Fer]] : leurs premières cibles sont les villages et bourgs bâtis en territoire exposé, du côté de [[Solkez]] : ces mêmes installations que [[Miradan]] avait refusé de cautionner quelques années plus tôt.
 
Le carnage est d'une facilité obscène. Sans muraille, sans garnison, sans la moindre fortification, les colons sont des proies offertes. En moins de deux jours, une vingtaine de [[Bo'qtiè]] rasent l'intégralité des établissements. '''Plus de 12 000 civils''' périssent : hommes, femmes, enfants, fauchés dans les champs ou écrasés dans leurs maisons. Les rares survivants, ceux qui ont eu le temps de fuir vers les portes de la Sentinelle, rapportent des scènes d'horreur : des créatures de métal et de chair suintante massacrant méthodiquement tout ce qui respire.
 
Lorsque la nouvelle atteint le conseil de la [[San hara bo' lian|SABO]], les représentants miradiens gardent un silence glacial. Ils n'ont pas besoin de rappeler leur vote d'opposition : les faits parlent d'eux-mêmes. Les représentants de [[Belda']] et [[Thalùn]], qui avaient insisté pour autoriser ces installations, portent désormais le poids de ces milliers de morts. La confiance au sein de l'alliance est durablement ébranlée, et Miradan obtient de facto un droit de veto sur toute future décision concernant les territoires au-delà de la Sentinelle.
 
'''An 596'''<br/>
Un ancien professeur de l'Académie diplomatique de Belda', '''Joan Orik''', sort de l'ombre. Face à l'effondrement de l'Empire à cause de l'absence d'Empereur, il parvient à réunir les généraux dispersés. Sous sa direction, l'armée impériale engage une offensive extra-muros au delà de la Sentinelle de Fer et parvient à repousser les [[Bo'qtiè]] de [[Solkez]] qui occupaient activement les terres proches de la Sentinelle de Fer. Son nom commence à circuler dans les cercles militaires comme celui d'un stratège providentiel.
 
'''An 607'''<br/>
Belda' étant toujours sans Empereur, Joan Orik est désormais reconnu comme le véritable chef de fait de Belda', exerçant le pouvoir sans en porter le titre.
 
'''An 608'''<br/>
Le '''16 juillet''', Joan Orik est proclamé Empereur de [[Belda']] par les principaux généraux militaires. Prenant le nom de '''Joan Iᵉʳ d'Orik''', dit « Le Salvateur », il fonde la dynastie Orik. Mais son absence totale de lien avec la lignée Èlyan, et le fait qu'il n'ait pas reçu la bénédiction officielle de la Foi, alimentent de vives controverses sur la légitimité de son règne.
 
Joan Iᵉʳ déclare publiquement qu'il ne considère son règne que comme une régence temporaire, et qu'il rendrait le trône si un descendant légitime de la lignée Èlyan venait à être retrouvé.
 
'''An 614'''<br/>
Deux tentatives d'assassinat sont menées par des familles notables de [[Belda']] jugeant l'empereur illégitime. Joan Iᵉʳ d'Orik en réchappe de justesse, mais ces événements marquent un climat politique délétère. La loyauté envers le trône se fragilise.
 
'''An 618'''<br/>
Une femme de 34 ans, '''Jan d'Èlyan''', émerge soudainement dans la sphère publique de [[Belda']]. La Foi affirme qu'elle est la fille cachée de Shonatan IV, tenue secrète depuis sa naissance pour la protéger des troubles de la succession. L'opinion publique, fidèle à la Foi, se rallie massivement à elle.
 
Fidèle à sa parole, '''Joan Iᵉʳ d'Orik abdique sans résistance''', déclarant qu'il avait toujours promis de rendre le trône à un descendant légitime de la lignée Èlyan.
 
Ainsi s'achève la dynastie dite du « non-sang », et s'ouvre le règne de '''Jan Iʳᵉ d'Èlyan''', '''première impératrice''' de l'histoire connue de Belda'. Rien n'interdisait formellement à une femme d'accéder au trône, mais la coutume l'avait toujours empêché jusqu'alors.
 
== Ère Moderne (618-826) ==
 
'''An 622'''<br/>
Jan Iʳᵉ d'Èlyan et le Seigneur de [[Thalùn]] signent une série d'accords visant à fluidifier les échanges entre les deux nations. Les taxes sur le blé thal sont réduites, tandis que les produits manufacturés de [[Belda']] bénéficient de tarifs préférentiels. Ces accords renforcent l'interdépendance économique.
 
'''An 629'''<br/>
L'impératrice propose d'aborder la question du [[SèYun]] et de l'[[Èlyan Sèyun]], sujet resté en suspens depuis l'indépendance de Thalùn. L'objectif n'est pas d'imposer quoi que ce soit, mais de trouver un arrangement pratique : l'absence d'uniformité complique les échanges administratifs et l'accès de Thalùn à l'imprimerie.
 
'''An 634'''<br/>
Le '''Traité de Thalùn''' formalise un compromis simple : la cité-état conserve le [[SèYun]] traditionnel à l'oral, préservant sa singularité culturelle, tout en adoptant le '''système d'écriture''' de l'[[Èlyan Sèyun]] pour les documents officiels. Ce compromis permet à Thalùn de bénéficier pleinement de l'imprimerie et de simplifier ses échanges administratifs avec ses alliés, sans renoncer à son identité linguistique.
 
'''An 657'''<br/>
Jan Iʳᵉ d'Èlyan décède après un long règne marqué par la réconciliation et la stabilité. Son fils, '''Theoto d'Èlyan''', lui succède.
 
'''An 694'''<br/>
Theoto d'Èlyan décède. '''Anju Iʳᵉ d'Èlyan''' lui succède.
 
'''An 723'''<br/>
Anju Iʳᵉ d'Èlyan décède. '''Al'giru d'Èlyan''' lui succède.
 
'''An 761'''<br/>
Al'giru d'Èlyan décède. '''Anju IIᵉ d'Èlyan''' lui succède.
 
'''An 798 : Fin contestée de la dynastie Èlyan'''<br/>
La dynastie Èlyan, qui avait régné (avec une interruption) depuis l'an 512, s'éteint faute d'héritier direct. Plusieurs familles nobles revendiquent le trône, chacune arguant de liens de parenté plus ou moins lointains avec la lignée impériale. Après des semaines de tractations au sein de la cour et de la [[Thacufeng|Foi]], '''Rean Iᵉʳ de Yuèlan''' est finalement couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie.
 
Mais ce choix ne fait pas l'unanimité. Deux autres prétendants : les seigneurs des maisons Daofen et Kùliang refusent de reconnaître la légitimité de Rean et quittent la cérémonie de couronnement avant sa conclusion. Dans les provinces orientales, des rumeurs circulent selon lesquelles la Foi aurait été corrompue pour favoriser les Yuèlan. Le nouveau règne commence sous le signe de la défiance.
 
'''An 801 : Tentative de soulèvement'''<br/>
Le seigneur de la maison Kùliang tente de rallier plusieurs garnisons frontalières à sa cause. La conspiration est découverte avant qu'elle n'aboutisse ; Kùliang est arrêté et exécuté pour haute trahison. Sa famille est exilée au delà de la Sentinelle de Fer. L'incident renforce la méfiance de Rean Iᵉʳ, qui multiplie les purges parmi les officiers suspectés de déloyauté.
 
'''An 804 : Assassinat de Rean Iᵉʳ'''<br/>
Le '''12 septembre''', Rean Iᵉʳ de Yuèlan est assassiné dans ses appartements privés. L'assassin, un serviteur du palais, est abattu sur place par la garde impériale avant de pouvoir être interrogé. L'enquête qui s'ensuit ne parvient jamais à établir formellement les commanditaires, bien que les soupçons se portent sur les partisans de la maison Daofen.
 
Son fils, '''Rean IIᵉ de Yuèlan''', âgé de seulement cinq ans, lui succède dans un climat de tension extrême. Du fait de son jeune âge, les Shenlù assurent une régence pendant quelques années jusqu'à qu'ils jugent l'éducation du jeune empereur aboutie.
 
'''An 826 : Époque actuelle'''<br/>
Le monde connu est divisé en deux blocs antagonistes :
* D'un côté, la [[San hara bo' lian|SABO]] réunissant [[Belda']], [[Miradan]] et [[Thalùn]], avec l'appui de [[Jona'ra]]
* De l'autre, [[Solkez]], isolée derrière sa [[Nuée de Velmuq]], perçue par le nord comme une terre corrompue peuplée de démons
 
A Belda', l'Empereur Rean IIᵉ de Yuèlan alors âgé de 27 ans gère l'Empire de Belda'.
 
La [[Confédération Vulkari]] entretient des relations commerciales avec Solkez mais sans engagement militaire.
 
La [[Sentinelle de Fer]] maintient une paix fragile, régulièrement testée par les [[Bo'qtiè]] de Solkez. Les trois nations de la SABO collaborent tant bien que mal malgré leurs différences culturelles et leurs rancunes historiques, unies par la menace commune du sud.

Dernière version du 21 janvier 2026 à 18:15

Ère des Origines (~-1250 à ~-600)

Vers l'an -1250
Selon la tradition de la Thacufeng, le prophète Sùtèsha descend sur terre, guidé par Dieu pour unifier l'humanité fragmentée. Il parcourt le monde alors divisé en innombrables royaumes et tribus en conflit. Par sa sagesse et sa guidance divine, il parvient à rassembler les peuples et fonde ce qu'il nomme le Beau Pays : Belda'. Il plante symboliquement un arbre pour marquer la fondation de ce refuge sacré.

Sùtèsha établit la Table de la Thacufeng, ensemble de commandements régissant la vie en communauté, et instaure une lignée impériale.

Vers l'an -600
Sur le continent glacé du pôle sud, les clans de la Confédération Vulkari développent les premières formes d'écriture du Qallinuk. Ces documents, gravés sur des peaux de Nanuqvik à l'aide de pointes chauffées par des perles de skyarn, constituent les plus anciennes traces écrites connues de cette langue isolée.

Ère des Grandes Explorations (~-500 à ~-360)

Durant cette période, l'Empire de Belda' entreprend une série d'expéditions maritimes vers l'ouest, menées par la garde rapprochée de l'Empereur de Belda' connue sous le nom de Groupe Liorushi. Ces expéditions visent à cartographier les mers occidentales et à découvrir de nouvelles terres.

An -498 : 1ʳᵉ expédition Liorushi
La première expédition se concentre sur l'exploration des côtes occidentales du continent. Elle permet d'établir des cartes détaillées du littoral et de repérer plusieurs baies propices à l'établissement de ports. Aucune terre nouvelle n'est découverte, mais les techniques de navigation s'améliorent considérablement.

An -481 : 2ᵉ expédition Liorushi
La deuxième expédition poursuit le travail cartographique entamé lors de la première, explorant plus en détail les côtes nord-occidentales. Des relevés hydrographiques précis sont réalisés, facilitant les traversées futures.

An -456 : 3ᵉ expédition Liorushi
La troisième expédition s'aventure plus au large et découvre plusieurs îlots inhabités, trop petits et dépourvus de ressources pour justifier une colonisation.

An -437 : 4ᵉ expédition Liorushi
La quatrième expédition tente de pousser encore plus à l'ouest mais se heurte à des tempêtes violentes qui détruisent la moitié de la flotte. Les survivants rentrent avec des récits de mers dangereuses et de courants imprévisibles.

An -419 : 5ᵉ expédition Liorushi
Malgré les échecs précédents, l'Empire persiste. La cinquième expédition longe la côte vers le nord-ouest cartographie les terres glaciales du nord du continent.

An -402 : 6ᵉ expédition Liorushi
Mieux préparée que les précédentes, la sixième expédition explore méthodiquement les routes maritimes et établit des points de ravitaillement sur les îlots découverts précédemment, préparant le terrain pour les grandes découvertes à venir.

An -383 : 7ᵉ expédition Liorushi
La septième expédition du Groupe Liorushi atteint pour la première fois l'archipel de Jona'ra. Les explorateurs découvrent avec stupéfaction un peuple silencieux communiquant exclusivement par langue des signes. Les Jona, bien que méfiants face à ces étrangers, ne se montrent pas hostiles. Les explorateurs baptisent ce peuple Jonoara (« le peuple silencieux », nom qui évoluera plus tard jusqu'à devenir Jona'ra) et documentent leurs premières observations sur cette culture.

An -371 : 8ᵉ expédition Liorushi
Une seconde expédition est envoyée vers l'archipel accompagnée d'un religieux de la Thacufeng ayant appris les rudiments du Signe Jona. Lors d'un échange, le religieux demande la différence entre les habitants vêtus de vert et ceux vêtus de bleu. Un local signe « Ceux de la forêt » et « Ceux des vagues », mais le religieux interprète mal les gestes et comprend « Main qui ratisse » et « Main qui souffle ». De cette erreur naissent les noms Sho'ba et Sho'feng, qui resteront en usage.

An -358 : Alliance militaire Belda'-Jona'ra
Après plusieurs années de contacts pacifiques et d'échanges culturels, une alliance formelle est établie entre l'Empire de Belda' et les deux états de Jona'ra. Selon la doctrine de la Thacufeng, les Jona'ra de sang pur possèdent un fragment de l'âme de Dieu lui-même (Selon la Table de la Thacufeng : « Les protecteurs du silence sont les gardiens de Dieu »), ce qui leur confère un statut sacré aux yeux des fidèles. Cette considération religieuse motive Belda' à assurer la protection militaire de l'archipel, malgré l'absence de contrepartie commerciale significative. L'île de Liorushi, située au nord-est de Jona'ra, est nommée en hommage aux explorateurs fondateurs de cette relation et sert alors de pied-à-terre pour Belda' proche de Jona'ra.

Ère de l'Unification Linguistique (-348 à -295)

An -348
Sous le règne de Daolu de Sùtèsha, l'Empire de Belda' connaît une expansion considérable mais souffre d'une profonde fragmentation culturelle et linguistique. Les dialectes locaux se multiplient, entravant la communication entre les seigneuries et compliquant l'administration impériale. Daolu confie alors à un érudit et moine respecté, Yuan Sèyun, la mission d'unifier les langues de l'Empire.

Yuan consacre le reste de sa vie à voyager de région en région et de seigneurie en seigneurie, étudiant les parlers, les rites et les structures symboliques des peuples du continent. Son objectif n'est pas seulement politique : il souhaite créer une langue commune fondée sur l'équité, capable de refléter la diversité tout en la reliant à une même racine impériale.

An -334
L'empereur Daolu de Sùtèsha s'éteint après un long règne. Son fils, Haofeng de Sùtèsha, lui succède. Yuan Sèyun poursuit ses travaux sous le nouveau règne, bien que sa santé commence à décliner.

An -315
Atteint d'une maladie paralysante qui le rongeait depuis plusieurs années, Yuan Sèyun meurt avant d'achever son œuvre. À sa mort, ses disciples conservent ses notes : un ensemble de manuscrits dispersés et inachevés décrivant la grammaire et la phonétique d'une langue universelle. Privé de son impulsion initiale et sans directive impériale claire, le projet est abandonné. Les manuscrits s'enlisent dans les archives monastiques, et le nom de Yuan sombre peu à peu dans l'oubli.

An -311
L'empereur Haofeng de Sùtèsha décède. Son fils, Thalun de Sùtèsha, lui succède. Le jeune empereur hérite d'un Empire stable mais divisé culturellement, les fractures linguistiques s'étant encore accentuées durant les dernières décennies.

An -306
Sous le règne de Thalun de Sùtèsha, le nom de Yuan Sèyun réapparaît. Un vieux moine, dernier disciple vivant de Yuan, présente à l'empereur les fragments du travail de son maître. Touché par la vision universelle de Yuan et conscient de la valeur politique d'une langue commune, Thalun de Sùtèsha décide de relancer officiellement le projet d'unification linguistique.

Il ordonne à plusieurs cercles religieux et administratifs d'étudier les textes laissés par Yuan et d'en établir une version systématisée. Le travail s'étend sur plus d'une décennie, mêlant philologie, religion et raison d'État.

An -295
Après des années d'études et de débats, le SèYun est officiellement proclamé langue de l'Empire de Belda'. Thalun de Sùtèsha impose son enseignement à tous les enfants, dans le cadre d'un vaste programme de rééducation linguistique supervisé par les monastères. Cette réforme, d'abord présentée comme un instrument d'unité et de progrès, est saluée dans les régions nord.

Mais dans les régions méridionales, elle est vécue comme une imposition culturelle et une tentative d'effacement des identités locales. Les tensions grandissent, les premiers troubles éclatent. Ainsi, la langue née du rêve d'un moine pour unir les peuples devient paradoxalement le terreau de nouvelles divisions.

Ère des Tensions (-295 à 0)

Les siècles qui suivent la proclamation du SèYun sont marqués par des tensions croissantes entre le nord et le sud de l'Empire. Les provinces méridionales, aux terres arides et au climat difficile, se sentent marginalisées par un pouvoir central qui concentre ses ressources sur les régions fertiles du nord. L'imposition linguistique reste une plaie ouverte, et les dialectes locaux persistent dans la sphère privée malgré les interdictions officielles.

An -51
La dynastie Sùtèsha, qui régnait depuis les temps légendaires, s'éteint faute d'héritier direct. Le pouvoir passe à la dynastie Belfeng, branche collatérale de la lignée impériale. Locai de Belfeng est couronné empereur. Ce changement dynastique est accepté par la Thacufeng, bien que les conservateurs de nombreuses régions orientales et méridionales y voient une rupture avec la lignée sacrée originelle.

An -10
Sur l'archipel de Jona'ra, les deux états de Sho'ba et Sho'feng fondent conjointement l'Académie martiale de Jona'ra, centralisant pour la première fois la formation des guerriers de l'archipel. Jusqu'alors, chaque village formait ses propres combattants de manière informelle, sous la supervision de fonctionnaires locaux. Face aux tensions croissantes sur le continent, les Intendants décident d'unifier ces pratiques disparates en une institution unique, établie sur l'île occidentale de Sho'ba mais administrée à parts égales par les deux états. Cette réforme donne naissance aux Combattants d'élite Jona tels qu'on les connaît aujourd'hui : une force cohérente, formée selon des méthodes standardisées et transmises de génération en génération.

Ère des Scissions (An 0 à 594)

An 0
Le général Golgoroso, commandant issu du Sud et très populaire parmi ses troupes, entre en désaccord profond avec l'Empereur de Belda'. Refusant la centralisation croissante du pouvoir impérial, doutant de la légitimité de la nouvelle dynastie et dénonçant l'exploitation des provinces méridionales, il proclame l'indépendance du Sud sous le nom de Solkez.

Pour marquer cette séparation, il instaure un nouveau calendrier à compter de l'an zéro de l'indépendance. Ce calendrier, plus simple que le calendrier traditionnel de Belda' (qui comptait les années de règne de chaque empereur).

An 12
Une flotte de 8 navires solk attaque le village côtier de la baie orientale de Sho'feng. Pris par surprise, les habitants ne peuvent opposer de résistance efficace. 14 Jona'ra sont capturés avant que les assaillants ne se replient. C'est le premier acte d'hostilité directe de Solkez contre Jona'ra.

An 23
12 navires solk débarquent sur la côte sud de Sho'ba. Les Combattants d'élite Jona interviennent rapidement et infligent de lourdes pertes aux assaillants : 3 navires sont coulés et plus de 200 soldats solk périssent contre une trentaine du coté des Jona.

An 31
Alerté par la répétition des attaques, Belda' déploie une escadre de 15 navires de guerre en patrouille permanente autour de Jona'ra. Cette présence dissuade temporairement Solkez.

An 38
Solkez adapte sa stratégie : des raids nocturnes menés par des embarcations légères et rapides contournent les patrouilles beld. Un village isolé de Sho'feng est attaqué ; 7 Jona'ra disparaissent.

An 47
Une flotte de 22 navires solk lance l'attaque la plus ambitieuse à ce jour. La flotte beld intercepte l'essentiel des forces ennemies, coulant 9 navires et capturant 2 autres. Cependant, 4 embarcations légères parviennent à atteindre la côte mais les troupes sont décimées par les combattants Jona.

An 71
Une flotte de 18 navires solk tente une dernière offensive d'envergure. La défense coordonnée entre Belda' et les Combattants d'élite Jona est désormais rodée : 11 navires solk sont détruits, 4 capturés. Seuls 3 navires parviennent à s'échapper avec une dizaine de prisonniers Jona.

Ensuite, les attaques cessent. Au total, sur six décennies de raids, une traintaine de Jona ont été capturés. Belda' et Jona'ra considèrent ces prisonniers comme morts depuis longtemps. En réalité, Solkez a obtenu suffisamment de sujets pour alimenter ses élevages clandestins.

An 58
La seigneurie de Miradan, bien qu'encore partie de l'Empire de Belda', développe secrètement des technologies basées sur l'Aérin, un gaz aux propriétés d'expansion naturelle extrait exclusivement de son archipel. Des espions de Solkez parviennent à voler plusieurs prototypes d'armes à propulsion d'Aérin.

Miradan réagit avec une fermeté inattendue : ses forces rapatrient leurs ressortissants de Solkez puis lancent une attaque coordonnée sur quatre quartiers généraux militaires solk. L'opération dure près de 96 heures et s'achève par la mort du général Vorat lors d'une prise d'otage. Deux soldats miradanais périssent dans l'effondrement d'un bâtiment piégé. Solkez restitue les prototypes et trois de ses généraux signent un accord d'arrêt des recherches.

C'est la première des Incursions de régulation technologique qui marqueront l'histoire de Miradan.

Ans 71
Solkez reprend clandestinement ses recherches sur les technologies miradiennes à partir de prototypes volés. L'armée miradienne mobilise aux frontières maritimes. Après plusieurs semaines de tension, un commando miradanais incendie le complexe de recherche de Vel'Krat. Aucune déclaration officielle n'est émise par aucune des deux parties.

Ans 85
Miradan intervient contre un programme biologique de Solkez sans lien direct avec l'Aérin, invoquant un précédent de méfiance. Les installations sont officiellement démantelées, bien que les recherches se poursuivront en secret dans des sites souterrains.

Ans 117
Solkez déploie la Nuée de Velmuq, une barrière biologique composée de milliards de petites créatures volantes aux ailes tranchantes. Cette nuée forme une bande infranchissable de plusieurs kilomètres de large, s'étendant sur toute la longueur de la frontière nord.

Pour les nations du nord, cette muraille de ténèbres grouillantes ne peut s'expliquer que par une cause surnaturelle. L'interprétation dominante, basée sur la doctrine de la Thacufeng, conclut que la corruption spirituelle a définitivement consumé les terres de Solkez et donc que la nation de Solkez aurait été anéantie par Dieu.

Ans ~120-150 : Construction de la Sentinelle de Fer
Face à l'apparition de la Nuée de Velmuq, l'Empire de Belda' entreprend en l'an 120 la construction d'une immense muraille fortifiée le long de sa frontière méridionale : la Sentinelle de Fer (Tièvèn en SèYun). Cette structure défensive, haute de 30 à 190 mètres selon les sections, s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres.

La construction mobilise une centaine de milliers d'ouvriers pendant plusieurs décennies. Les seigneuries de Miradan et Thalùn, bien qu'encore parties de l'Empire, ne contribuent que marginalement au projet, leurs ressources étant concentrées sur leurs propres territoires.

An 154
La dynastie Belfeng s'éteint. Antoni Iᵉʳ de Chù'sèi est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie. La transition se fait sans heurts majeurs.

An 262
Un séisme d'une ampleur sans précédent ravage Miradan. Les raz-de-marée qui s'ensuivent détruisent la moitié des côtes. Environ 70 000 morts, soit près de 40 % de la population, sont recensés. C'est la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire connue.

La seigneurie de Thalùn, épargnée par la catastrophe, apporte immédiatement son soutien : vivres, artisans et main-d'œuvre affluent vers Miradan, renforçant durablement les liens entre les deux seigneuries.

Ce traumatisme devient paradoxalement le catalyseur d'une révolution technologique. Les ingénieurs miradanais, cherchant désespérément des solutions pour protéger leurs cités des séismes futurs, intensifient leurs recherches sur l'Aérin et ses applications.

An 270
Huit ans après le grand séisme, les premières Assises pneumatiques sont opérationnelles. Ce système anti-sismique, constitué d'immenses fondations compartimentées reliées à des chambres pressurisées à l'Aérin, permet d'absorber et de redistribuer les mouvements telluriques. Les premières cités majeures de Miradan sont progressivement équipées de cette technologie qui s'avèrera révolutionnaire.

An 298
Trente-six ans après le désastre, la seigneurie miradanaise se reconstruit lentement, grâce notamment à l'aide de Thalùn. Mais le Seigneur de Thalùn reproche à l'Empereur de Belda' son inaction et son indifférence face à la catastrophe. Ce dernier justifie le refus d'aide par la nécessité de financer l'entretien de la Sentinelle de Fer face à Solkez.

La fracture politique s'élargit : Belda' se concentre sur sa frontière méridionale, tandis que Miradan et Thalùn se rapprochent économiquement et culturellement.

An 301
Abandonnée par Belda', la seigneurie miradienne proclame son indépendance. Les douze grandes familles les plus influentes de Miradan fondent le Conseil collégial, une institution oligarchique qui gouvernera durablement la nation. Les douze étoiles du drapeau miradien, disposées en cercle, symbolisent l'égalité de statut entre ces familles fondatrices.

La même année, Miradan adopte officiellement le calendrier de Solkez, se dissociant symboliquement de Belda' et de son calendrier dynastique. Le Miradanais est proclamé langue officielle, rompant avec l'héritage linguistique impérial.

An 312
Belda', observant l'avancée technologique de Miradan désormais indépendant, initie ses propres recherches sur l'Aérin. Un régiment miradanais se présente aux portes de la capitale impériale avec un ultimatum : cessation immédiate des recherches ou déclaration de guerre.

L'Empire, conscient de son infériorité technologique, cède sans combattre. C'est une humiliation majeure qui renforce le ressentiment de Belda' envers son ancienne seigneurie.

An 380
La technologie des Assises pneumatiques est désormais considérée comme mature. Toute cité miradanaise d'importance repose sur un réseau souterrain anti-sismique. Les ingénieurs de Miradan commencent à développer des applications mobiles de la technologie pneumatique, notamment les premiers Arpenteurs.

An 387
Un ingénieur miradanais met au point l'imprimerie à caractères mobiles, première du genre dans le monde connu. Conçue pour l'alphabet Miradanais, cette invention ne peut être adaptée au SèYun, la langue impériale de Belda', fondée sur un système de caractères composés complexes nécessitant des milliers de symboles différents.

Cette avancée technologique creuse encore l'écart entre Miradan et le reste du continent, permettant une diffusion massive des textes et accélérant le développement culturel et scientifique de l'archipel oriental.

An 512
Faute d'héritier direct à la dynastie Chù'sèi, le pouvoir revient à la branche la plus proche de la lignée impériale. Shonatan III d'Èlyan est couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie.

An 538
L'Empereur Shonatan III ordonne une réforme majeure du SèYun, visant d'abord à le rendre compatible avec l'imprimerie à caractères mobiles inventée à Miradan. Le système d'écriture traditionnel, basé sur des caractères composés variés, est remplacé par un alphabet phonétique standardisé.

Mais la réforme dépasse le domaine technique : elle introduit des changements grammaticaux et lexicaux majeurs, notamment la suppression du duel et la simplification de certaines prononciations. L'Èlyan Sèyun devient la langue officielle de Belda', imposée dans les institutions et les échanges administratifs.

Cette décision provoque une vive opposition de la part du seigneur de Thalùn, région attachée à la tradition. Refusant d'abandonner le SèYun traditionnel, Thalùn accuse l'Empereur d'uniformisation culturelle autoritaire. Les tensions, déjà anciennes, s'enveniment.

An 540
Excédé par la résistance de Thalùn, Shonatan III envoie des missionnaires impériaux pour faire appliquer la réforme linguistique. Le Seigneur de Thalùn les accuse de propagande impériale et les expulse de ses territoires.

Deux semaines plus tard, le 7 novembre, Belda' répond par la force : le Groupe Liorushi et 10 000 soldats impériaux assiègent la capitale commerciale de la seigneurie. Les routes sont bloquées, la famine s'installe : c'est un siège total. Belda' exige l'abdication de la famille seigneuriale historique.

An 541
Alerté par le siège en cours dans la seigneurie de Thalùn, le Conseil collégial de Miradan vote le 17 janvier l'envoi de 500 soldats pour libérer Thalùn. Ces troupes, équipées des nouvelles technologies de pointe miradanaises : notamment les foënes à propulsion d'Aérin, infligent à Belda' une défaite écrasante : près de 4 700 morts impériaux contre seulement 8 pertes miradiennes.

Le choc est immense : Miradan démontre pour la première fois sa supériorité technologique absolue au monde entier. Belda', humilié, renonce à toute riposte.

Thalùn signe aussitôt un pacte de protection avec Miradan : une garnison permanente de 1 000 soldats miradiens est maintenue sur place, en échange de réductions commerciales allant jusqu'à 80 %. L'Empire se retire définitivement de la région.

An 543
Après deux années de négociations, Shonatan III signe l'Acte d'indépendance de Thalùn, reconnaissant l'État de Thalùn comme puissance souveraine. Belda' conserve seulement 10 % du territoire frontalier pour sécuriser la limite avec Solkez.

Ans 545-550
La Sentinelle de Fer, construite quatre siècles plus tôt et négligée depuis, tombe en ruine. Solkez, toujours vu comme un térritoire corrompu notamment par l'imaginaire collectif autour de la Nuée de Velmuq, a secrètement développé les Bo'qtiè : des machines de guerre biomécaniques contrôlées à distance grâce aux glandes télépathiques extraites des Jona'ra captifs.

Ces créatures terrifiantes, mêlant armatures métalliques et tissus organiques vivants, franchissent les sections effondrées de la muraille. Pour les habitants de Belda', qui ignorent tout de leur vraie nature, ce sont des To'shindo (« morts éloignés »), des manifestations de la corruption spirituelle ayant consumé Solkez.

L'offensive provoque le chaos dans les régions frontalières. Des milliers de civils sont massacrés. L'Empire, affaibli par les récentes humiliations face à Miradan et Thalùn, peine à organiser une défense efficace.

An 549
Shonatan III d'Èlyan décède au milieu de cette crise. Son fils, Shonatan IV d'Èlyan, lui succède. Contrairement à son père, le nouvel empereur se montre lucide sur la situation désespérée de l'Empire : face à la menace de Solkez et à l'isolement diplomatique, Belda' ne peut survivre seul.

An 564 : Début de la réconciliation
Surnommé « Shonatan le Bon », Shonatan IV consacre son règne à restaurer la confiance entre Belda', Thalùn et Miradan. Il reconnaît publiquement les erreurs de son père, présente des excuses officielles pour le siège de Thalùn, et propose une alliance défensive face à la menace commune de Solkez.

Les routes commerciales rouvrent progressivement, les ambassades reprennent, et un relatif apaisement s'installe. Mais les rancunes persistent : à Belda', les partisans de feu Shonatan III accusent Miradan d'avoir profité de la guerre pour tester ses armes ; à Thalùn et Miradan, on n'oublie pas les famines et massacres provoqués par l'armée impériale.

Conscient de ces plaies, Shonatan IV refuse toute provocation. Il sait que Belda' ne pourrait vaincre Miradan militairement, et que la stabilité est préférable à l'orgueil.

An 578
Les négociations aboutissent à la création de la San hara bo' lian (« Alliance de Défense des Trois Nations »), communément abrégée SABO. Cette organisation politico-militaire, dirigée par un conseil collégial de neuf représentants (trois par nation), a pour mission de coordonner la défense commune face à Solkez.

La SABO devient l'unique instance de gouvernance internationale du monde connu. Elle prend en charge l'administration et la protection de la Sentinelle de Fer, jusqu'alors gérée (et négligée) par Belda' seul.

An 584
Naissance de la fille unique de Shonatan IV d'Èlyan. Souhaitant un héritier masculin pour assurer une succession sans contestation, l'empereur fait cacher l'existence de l'enfant au monde extérieur. La fillette est confiée à la Foi (la hiérarchie de la Thacufeng), qui l'élèvera dans le secret.

Ans ~570-590
Sous l'égide de la SABO, les territoires de Belda' du sud qui étaient encore investis par des Bo'qtiè de Solkez sont repris et d'immenses travaux de rénovation et de modernisation sont entrepris sur la Sentinelle de Fer. Miradan apporte sa technologie de pointe et de nombreux soldats pour aider à la reprise du térritoire contre Solkez. Thalùn fournit main-d'œuvre et ressources diverses. Belda' coordonne les opérations et mobilise ses garnisons.

La muraille, autrefois simple rempart de pierre en ruine, devient une véritable forteresse. Certaines sections abritent désormais des bases militaires permanentes et des quartiers habités.

Grâce à la Sentinelle de Fer modernisée et aux efforts coordonnés de la SABO, les frontières se stabilisent enfin. Les Bo'qtiè de Solkez ne parviennent plus à franchir la muraille renforcée. Une paix relative s'installe, permettant aux trois nations de prospérer.

La frontière demeurant calme depuis plusieurs décennies, des villages, des bourgs et des terres agricoles commencent à s'établir au-delà de la Sentinelle de Fer, sur les territoires administrés par la SABO. Cette expansion civile fait l'objet d'un débat houleux au sein du gouvernement de la SABO: les trois représentants miradiens votent fermement contre, arguant que la proximité de la Nuée de Velmuq représente un danger permanent et que toute accalmie de Solkez pourrait n'être que temporaire. Cependant, le vote conjoint des représentants de Belda' et Thalùn (six voix contre trois) autorise l'installation de populations civiles au-delà de la muraille. Pour Belda', ces terres fertiles représentent une opportunité de nourrir une population croissante ; pour Thalùn, c'est l'occasion d'étendre ses exportations agricoles. Miradan, mis en minorité, se contente d'exiger que les nouveaux établissements financent eux-mêmes leur défense en cas d'attaque, dégageant ainsi la SABO de toute responsabilité directe envers ces colons volontaires.

Ère de la Rupture Èlyan (594-618)

An 594
L'empereur Shonatan IV d'Èlyan meurt sans héritier officiellement reconnu. Seule subsiste sa fille cachée, considérée comme inéligible selon la coutume qui privilégie les hommes pour le trône impérial. Commence alors une période de vacance du pouvoir, marquant le début de l'Ère dite de la Rupture Èlyan.

An 595
Après un an de recherches infructueuses d'un successeur légitime, le vide politique plonge l'Empire dans le chaos.

Solkez, percevant la faiblesse de son ennemi, lance une seconde offensive majeure de Bo'qtiè.

Les machines biomécaniques n'ont même pas besoin de forcer la Sentinelle de Fer : leurs premières cibles sont les villages et bourgs bâtis en territoire exposé, du côté de Solkez : ces mêmes installations que Miradan avait refusé de cautionner quelques années plus tôt.

Le carnage est d'une facilité obscène. Sans muraille, sans garnison, sans la moindre fortification, les colons sont des proies offertes. En moins de deux jours, une vingtaine de Bo'qtiè rasent l'intégralité des établissements. Plus de 12 000 civils périssent : hommes, femmes, enfants, fauchés dans les champs ou écrasés dans leurs maisons. Les rares survivants, ceux qui ont eu le temps de fuir vers les portes de la Sentinelle, rapportent des scènes d'horreur : des créatures de métal et de chair suintante massacrant méthodiquement tout ce qui respire.

Lorsque la nouvelle atteint le conseil de la SABO, les représentants miradiens gardent un silence glacial. Ils n'ont pas besoin de rappeler leur vote d'opposition : les faits parlent d'eux-mêmes. Les représentants de Belda' et Thalùn, qui avaient insisté pour autoriser ces installations, portent désormais le poids de ces milliers de morts. La confiance au sein de l'alliance est durablement ébranlée, et Miradan obtient de facto un droit de veto sur toute future décision concernant les territoires au-delà de la Sentinelle.

An 596
Un ancien professeur de l'Académie diplomatique de Belda', Joan Orik, sort de l'ombre. Face à l'effondrement de l'Empire à cause de l'absence d'Empereur, il parvient à réunir les généraux dispersés. Sous sa direction, l'armée impériale engage une offensive extra-muros au delà de la Sentinelle de Fer et parvient à repousser les Bo'qtiè de Solkez qui occupaient activement les terres proches de la Sentinelle de Fer. Son nom commence à circuler dans les cercles militaires comme celui d'un stratège providentiel.

An 607
Belda' étant toujours sans Empereur, Joan Orik est désormais reconnu comme le véritable chef de fait de Belda', exerçant le pouvoir sans en porter le titre.

An 608
Le 16 juillet, Joan Orik est proclamé Empereur de Belda' par les principaux généraux militaires. Prenant le nom de Joan Iᵉʳ d'Orik, dit « Le Salvateur », il fonde la dynastie Orik. Mais son absence totale de lien avec la lignée Èlyan, et le fait qu'il n'ait pas reçu la bénédiction officielle de la Foi, alimentent de vives controverses sur la légitimité de son règne.

Joan Iᵉʳ déclare publiquement qu'il ne considère son règne que comme une régence temporaire, et qu'il rendrait le trône si un descendant légitime de la lignée Èlyan venait à être retrouvé.

An 614
Deux tentatives d'assassinat sont menées par des familles notables de Belda' jugeant l'empereur illégitime. Joan Iᵉʳ d'Orik en réchappe de justesse, mais ces événements marquent un climat politique délétère. La loyauté envers le trône se fragilise.

An 618
Une femme de 34 ans, Jan d'Èlyan, émerge soudainement dans la sphère publique de Belda'. La Foi affirme qu'elle est la fille cachée de Shonatan IV, tenue secrète depuis sa naissance pour la protéger des troubles de la succession. L'opinion publique, fidèle à la Foi, se rallie massivement à elle.

Fidèle à sa parole, Joan Iᵉʳ d'Orik abdique sans résistance, déclarant qu'il avait toujours promis de rendre le trône à un descendant légitime de la lignée Èlyan.

Ainsi s'achève la dynastie dite du « non-sang », et s'ouvre le règne de Jan Iʳᵉ d'Èlyan, première impératrice de l'histoire connue de Belda'. Rien n'interdisait formellement à une femme d'accéder au trône, mais la coutume l'avait toujours empêché jusqu'alors.

Ère Moderne (618-826)

An 622
Jan Iʳᵉ d'Èlyan et le Seigneur de Thalùn signent une série d'accords visant à fluidifier les échanges entre les deux nations. Les taxes sur le blé thal sont réduites, tandis que les produits manufacturés de Belda' bénéficient de tarifs préférentiels. Ces accords renforcent l'interdépendance économique.

An 629
L'impératrice propose d'aborder la question du SèYun et de l'Èlyan Sèyun, sujet resté en suspens depuis l'indépendance de Thalùn. L'objectif n'est pas d'imposer quoi que ce soit, mais de trouver un arrangement pratique : l'absence d'uniformité complique les échanges administratifs et l'accès de Thalùn à l'imprimerie.

An 634
Le Traité de Thalùn formalise un compromis simple : la cité-état conserve le SèYun traditionnel à l'oral, préservant sa singularité culturelle, tout en adoptant le système d'écriture de l'Èlyan Sèyun pour les documents officiels. Ce compromis permet à Thalùn de bénéficier pleinement de l'imprimerie et de simplifier ses échanges administratifs avec ses alliés, sans renoncer à son identité linguistique.

An 657
Jan Iʳᵉ d'Èlyan décède après un long règne marqué par la réconciliation et la stabilité. Son fils, Theoto d'Èlyan, lui succède.

An 694
Theoto d'Èlyan décède. Anju Iʳᵉ d'Èlyan lui succède.

An 723
Anju Iʳᵉ d'Èlyan décède. Al'giru d'Èlyan lui succède.

An 761
Al'giru d'Èlyan décède. Anju IIᵉ d'Èlyan lui succède.

An 798 : Fin contestée de la dynastie Èlyan
La dynastie Èlyan, qui avait régné (avec une interruption) depuis l'an 512, s'éteint faute d'héritier direct. Plusieurs familles nobles revendiquent le trône, chacune arguant de liens de parenté plus ou moins lointains avec la lignée impériale. Après des semaines de tractations au sein de la cour et de la Foi, Rean Iᵉʳ de Yuèlan est finalement couronné empereur, fondant la nouvelle dynastie.

Mais ce choix ne fait pas l'unanimité. Deux autres prétendants : les seigneurs des maisons Daofen et Kùliang refusent de reconnaître la légitimité de Rean et quittent la cérémonie de couronnement avant sa conclusion. Dans les provinces orientales, des rumeurs circulent selon lesquelles la Foi aurait été corrompue pour favoriser les Yuèlan. Le nouveau règne commence sous le signe de la défiance.

An 801 : Tentative de soulèvement
Le seigneur de la maison Kùliang tente de rallier plusieurs garnisons frontalières à sa cause. La conspiration est découverte avant qu'elle n'aboutisse ; Kùliang est arrêté et exécuté pour haute trahison. Sa famille est exilée au delà de la Sentinelle de Fer. L'incident renforce la méfiance de Rean Iᵉʳ, qui multiplie les purges parmi les officiers suspectés de déloyauté.

An 804 : Assassinat de Rean Iᵉʳ
Le 12 septembre, Rean Iᵉʳ de Yuèlan est assassiné dans ses appartements privés. L'assassin, un serviteur du palais, est abattu sur place par la garde impériale avant de pouvoir être interrogé. L'enquête qui s'ensuit ne parvient jamais à établir formellement les commanditaires, bien que les soupçons se portent sur les partisans de la maison Daofen.

Son fils, Rean IIᵉ de Yuèlan, âgé de seulement cinq ans, lui succède dans un climat de tension extrême. Du fait de son jeune âge, les Shenlù assurent une régence pendant quelques années jusqu'à qu'ils jugent l'éducation du jeune empereur aboutie.

An 826 : Époque actuelle
Le monde connu est divisé en deux blocs antagonistes :

A Belda', l'Empereur Rean IIᵉ de Yuèlan alors âgé de 27 ans gère l'Empire de Belda'.

La Confédération Vulkari entretient des relations commerciales avec Solkez mais sans engagement militaire.

La Sentinelle de Fer maintient une paix fragile, régulièrement testée par les Bo'qtiè de Solkez. Les trois nations de la SABO collaborent tant bien que mal malgré leurs différences culturelles et leurs rancunes historiques, unies par la menace commune du sud.